Attentat avorté de Villejuif: Sid-Ahmed Ghlam exprime des regrets

S.B.-E.
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Croquis d'audience de Sid-Ahmed Ghlam, accusé d'avoir projeté un attentat contre une église en avril 2015 à Villejuif, lors de son procès à Paris, le 5 octobre 2020 (Photo d'illustration) - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP
Croquis d'audience de Sid-Ahmed Ghlam, accusé d'avoir projeté un attentat contre une église en avril 2015 à Villejuif, lors de son procès à Paris, le 5 octobre 2020 (Photo d'illustration) - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

L'étudiant algérien Sid-Ahmed Ghlam a exprimé ce jeudi des regrets, pour la première fois depuis le début de son procès, pour l'attentat avorté contre une église de Villejuif (Val-de-Marne) et l'assassinat d'une jeune mère de famille en avril 2015, mais sans rien reconnaître des faits.

"Je regrette amèrement mon parcours", a déclaré l'accusé, invité à prendre une dernière fois la parole devant la cour d'assises spéciale de Paris. "Je culpabiliserai toute ma vie", a ajouté le jeune homme âgé de 29 ans, contre lequel le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans et d'une interdiction définitive de séjour sur le territoire français.

La cour présidée par Xavière Siméoni s'est ensuite retirée pour délibérer. Le verdict pourrait être annoncé "dans l'après-midi ou en fin d'après midi", a indiqué la magistrate.

L'accusé nie le meurtre d'Aurélie Châtelain

Les avocats de Sid-Ahmed Ghlam ont plaidé mercredi la relaxe de leur client. Selon ses conseils, le doute qui subsiste sur les circonstances de la mort d'Aurélie Châtelain, une professeure de fitness de 32 ans froidement abattue d'une balle de pistolet sur un parking de Villejuif doit profiter à l'accusé. Des traces ADN et du sang de Sid-Ahmed Ghlam ont été retrouvés dans la voiture d'Aurélie Châtelain et sur l'arme du crime qu'il détenait. Tout au long de son procès, l'accusé a nié ce meurtre et a mis en cause un mystérieux complice dont aucun indice n'a confirmé la présence.

S'il a confirmé un projet d'attentat contre une église au nom de Daesh, Sid-Ahmed Ghlam a toutefois expliqué aux enquêteurs qu'il s'agissait seulement de "faire peur" aux paroissiens. Au cours des débats, il a raconté qu'il avait renoncé à ce projet, choqué par la mort d'Aurélie Châtelain, et qu'il s'était volontairement blessé par balle (avec l'arme du crime) à la cuisse pour échapper "aux représailles" de ses commanditaires en Syrie.

Un imposant arsenal a été retrouvé dans le véhicule et au domicile de Sid-Ahmed Ghlam, ainsi que du matériel de propagande jihadiste. A l'audience, il a reconnu avoir "adhéré" à "l'idéologie" de l'islamisme radical et s'être rendu à deux reprises en Turquie où il a rencontré de hauts responsables de Daesh. Mais il soutient désormais être en voie de déradicalisation et se présente comme un "repenti".

Article original publié sur BFMTV.com