Douze morts dans un attentat à Tunis, l'état d'urgence décrété

par Tarek Amara
Un attentat a fait au moins douze morts mardi à Tunis dans un bus de la garde présidentielle à bord duquel un kamikaze avait sans doute pris place. L'état d'urgence, qui avait été levé le mois dernier, va être à nouveau décrété. /Photo prise le 24 novembre 2015/REUTERS/Zoubeir Souissi

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Un attentat a fait au moins douze morts mardi à Tunis dans un bus de la garde présidentielle à bord duquel un kamikaze avait sans doute pris place, a-t-on appris auprès des autorités et de source proche de la présidence.

L'état d'urgence, qui avait été levé le mois dernier, va être à nouveau décrété et un couvre-feu est en vigueur jusqu'à 05h00 mercredi dans la capitale, a annoncé le président Beji Caïd Essebsi.

Des ambulances ont afflué sur les lieux de la déflagration, qui s'est produite avenue Mohamed V, l'un des grands axes de la capitale tunisienne, non loin du ministère de l'Intérieur.

La Tunisie avait déjà été le théâtre de deux attentats revendiqués par l'Etat islamique, qui ont affecté le secteur touristique, l'un des piliers de l'économie nationale.

En juin, un tireur a abattu 38 étrangers sur une plage et dans un hôtel de Sousse, ce qui avait conduit à l'instauration de l'état d'urgence, et, en mars, plusieurs individus ont tué 21 touristes au musée national du Bardo, à Tunis.

Mardi, l'explosion s'est produite alors que les gardes prenaient place dans le bus qui devait les conduire au palais présidentiel, en bordure de la ville. Il s'agit probablement d'un attentat suicide commis à l'intérieur du véhicule, dit-on de source proche de la présidence.

"Je montais dans ma voiture, avenue Mohamed V, quand une énorme explosion s'est produite. J'ai vu le bus voler en éclats. Il y avait des corps et du sang partout", a rapporté un témoin nommé Bassem Trifi.

"LE MÊME COMBAT À TUNIS ET À PARIS"

Outre les douze gardes tués, 17 ont été blessés, dit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Le président Beji Caïd Essebsi a annulé la visite en Europe qu'il devait effectuer mercredi.

"La France est plus que jamais aux côtés de la Tunisie, de ses autorités et de ses forces de sécurité, dans ces moments douloureux", dit l'Elysée dans un communiqué. "A Tunis comme à Paris, c’est le même combat pour la démocratie contre l’obscurantisme", souligne la présidence, évoquant les attentats du 13 novembre.

L'avenue Mohamed V est une artère très fréquentée aussi bien par les automobilistes que par les piétons. On y trouve plusieurs hôtels ainsi que des banques.

La Tunisie fait figure d'exemple en matière de transition démocratique pour d'autres pays ayant vécu le "printemps arabe", tels que la Libye voisine. Trois mille de ses ressortissants auraient toutefois rejoint les groupes islamistes armés en Syrie depuis 2011, ce qui en fait l'un des principaux pourvoyeurs de djihadistes étrangers engagés dans les combats. Plusieurs centaines d'entre eux sont rentrés.

(Nicolas Delame, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)