Atteintes à la laïcité à l'école: la réponse de l'Éducation nationale face à la hausse des signalements

Élèves, dont certaines en abaya, devant un lycée en région parisienne - BFMTV
Élèves, dont certaines en abaya, devant un lycée en région parisienne - BFMTV

Un plan du gouvernement pour répondre à un phénomène en augmentation. Une circulaire du ministère de l'Éducation nationale publiée ce jeudi au Journal officiel annonce la mise en place d'un "plan laïcité" destiné à lutter contre les atteintes à la laïcité déclarés en hausse en octobre à l'école.

4 axes de travail

Le plan prévoit quatre axes de travail: la "sanction systématique et de façon graduée" des élèves causant atteinte à la laïcité si le dialogue ne fonctionne pas, le "renforcement de la protection et du soutien" des personnels d'établissements, "l'appui" des chefs d'établissements et enfin le "renforcement de la formation des personnels", notamment des directeurs d'écoles.

Si un chef d'établissement se trouve confronté à une situation de blocage qui le conduit à réunir un conseil de discipline, la circulaire rappelle qu'il aura le droit de "délocaliser" la réunion dans "un autre établissement ou un service départemental de l'Éducation nationale". Le principe existe déjà, mais il est rarement appliqué.

Plusieurs syndicats de personnels de direction avaient demandé ces dernières semaines des "consignes claires" pour faire appliquer le principe de laïcité à l'école, alors que 130.000 membres du personnel des établissements ont déjà été formés.

Une simple "application de la loi"?

Seule vraie nouveauté du plan: la volonté de répondre fermement aux atteintes à la laïcité. Pas de quoi satisfaire la proviseure adjointe du lycée Voltaire à Paris et membre du bureau national du SNPDEN-UNSA Carole Zerbib, pour qui le plan "reste insuffisant".

"Tout ce qui est rappelé (dans ce plan) c'est purement et simplement l'application de la loi. Le dialogue, on le faisait déjà, les sanctions, quand les élèves persistaient dans le port de la tenue, on le faisait", déplore-t-elle ce jeudi sur BFMTV.

La directrice adjointe d'établissement rappelle que les chefs d'écoles avaient réclamé avant tout une clarification des règles en place, mais estime qu'ils n'ont pas été écoutés.

"On demande encore aux chefs d'établissements de déterminer si l'abaya (longue robe traditionnelle NDLR) est une tenue religieuse ou non", explique-t-elle notamment, évoquant la question de ces vêtements religieux "par destination" et non "par nature".

"Est-ce qu'il peut y avoir sur une question aussi grave une différence de traitement et d'appréciation? Je pense que non", clame-t-elle.

Des signalements en hausse

Le plan se veut être une réponse à l'annonce mercredi d'une augmentation des signalements d'atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires. En passant de 313 à 720 incidents rapportés entre septembre et octobre, le chiffre a plus que doublé en un mois.

La majorité (52%) des faits rapportés concernent les collèges et un peu plus d'un tiers (37%) les lycées. 11% des incidents se sont produits dans les classes du 1er degré.

Le ministre de l'Éducation Pap Ndiaye avait déclaré en septembre, après une première hausse relevée des atteintes à la laïcité, que la loi de 2004 devait "être appliquée de manière stricte et ferme".

Article original publié sur BFMTV.com