Attaque de Rambouillet : Emmanuel Macron a rencontré la famille de la fonctionnaire de police tuée

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Le chef de l'État, Emmanuel Macron, a rendu visite, samedi, à la famille de la fonctionnaire de police tuée vendredi lors d'une attaque au commissariat de Rambouillet, dans les Yvelines. En parallèle, une réunion a rassemblé pendant environ deux heures, samedi après-midi, les services et les ministres concernés (Intérieur, Justice, Armées) autour du Premier ministre, Jean Castex.

L'attaque meurtrière, vendredi 23 avril, contre une fonctionnaire de police au commissariat de Rambouillet, dans les Yvelines, a replacé samedi la menace terroriste au sommet de l'agenda politique, avec une réunion de crise à Matignon et la visite d'Emmanuel Macron auprès de la famille de la victime.

Emmanuel Macron s'est déplacé, samedi 24 avril, dans les Yvelines pour rendre visite à la famille de la victime, une femme âgée 49 ans. La fonctionnaire de police, non armée, a été tuée de deux coups de couteau dans l'entrée du commissariat de Rambouillet par un Tunisien de 36 ans, abattu ensuite par un policier.

Le président s'est rendu dans la boulangerie du mari de la victime, pour apporter son soutien à une famille "très bouleversée et très digne", a annoncé l'Élysée. La victime était mère de deux filles de 13 et 18 ans.

"Du combat engagé contre le terrorisme islamiste, nous ne céderons rien", avait tweeté vendredi Emmanuel Macron.

Quatre personnes en garde à vue

En parallèle, une réunion a rassemblé pendant environ deux heures, samedi après-midi, les services et les ministres concernés autour du Premier ministre, Jean Castex, qui avait écourté sa visite en Occitanie.

Mercredi, le ministre de l'Intérieur doit présenter en Conseil des ministres un projet de loi, préparé depuis plusieurs semaines, visant à "pérenniser" des mesures contenues dans les lois renseignement et antiterroristes votées en 2015 et en 2017.

Côté enquête, une quatrième personne a été placée en garde à vue samedi à la mi-journée, selon une source judiciaire, et son domicile perquisitionné. Cet homme serait un membre de la famille de l'assaillant, selon une source proche du dossier.

Les auditions de trois personnes, placées en garde à vue vendredi soir, se poursuivaient samedi. Il s'agit du père du meurtrier et de deux personnes qui l'ont hébergé, l'une récemment à Thiais, dans le Val-de-Marne, et l'autre à son arrivée en France en 2009, a indiqué une source proche du dossier. Selon une autre source proche de l'enquête, les deux personnes interrogées avec le père forment un couple qui aurait domicilié l'assaillant "au moins administrativement" dans le Val-de-Marne. Leurs domiciles avaient été perquisitionnés vendredi.

Le téléphone de l'assaillant contenait "des nasheeds", des chants religieux musulmans, désormais fréquemment utilisés pour la propagande jihadiste, a précisé cette source.

Arrivé en France en situation irrégulière, ce chauffeur-livreur était titulaire depuis décembre d'une carte de séjour valable un an, selon le parquet national antiterroriste (Pnat), qui s'est saisi de l'enquête.

Il "n'avait pas été porteur de menaces, on n'avait pas détecté de signes de radicalisation" à son sujet, a déclaré sur BFMTV Laurent Nuñez, coordonnateur national de renseignement. Jamel Gorchene fait partie de ces "individus […] qui sont très isolés, n'ont pas de relations avec d'autres individus qui les rendraient détectables", a-t-il ajouté.

L'homme aurait effectué un "repérage", accréditant la thèse de la préméditation, avant d'attaquer la victime, selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Des témoins ont par ailleurs rapporté qu'il aurait crié "Allah Akbar", selon une source proche de l'enquête.

L'ambassade de Tunisie dénonce un "acte barbare"

Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s'emploient à préciser son parcours, si des personnes l'ont aidé ou encouragé dans son projet, ainsi que ses éventuels contacts noués en ligne avec des membres de la sphère jihadiste.

L'homme est originaire de M'saken, ville commerciale proche de la station balnéaire de Sousse, sur la côte est de la Tunisie, où réside encore sa famille dans une maison modeste. Il aurait au moins une sœur et deux frères, dont un jumeau. Il était récemment venu pour deux semaines en Tunisie. Une cousine trentenaire y a assuré à l'AFP qu'il était suivi par un psychiatre en France, car il souffrait d'une dépression.

Arrivé en France en situation irrégulière, le chauffeur-livreur tunisien auteur de l'attaque était titulaire depuis décembre d'une carte de séjour valable un an, selon le parquet national antiterroriste, qui s'est saisi de l'enquête.

Dans un communiqué daté du 24 avril, l'ambassade de Tunisie en France "condamne énergiquement" cette attaque perpétrée par un ressortissant tunisien. "En ces tristes circonstances, l'ambassade tient à exprimer son entière solidarité et sa compassion avec le gouvernement et le peuple français amis", affirme le communiqué.

Elle présente ses "sincères condoléances à la famille et proches de la victime" et exprime son "rejet total de toute forme d'extrémisme en tout lieu et en toute circonstance", en ajoutant que "cet acte barbare intervient en plein mois de Ramadan, mois saint qui incarne plutôt les valeurs de la tolérance et de la fraternité entre les individus".

Un hommage lundi à Rambouillet

Les prochains jours seront ceux des hommages à la victime, agente administrative du secrétariat au commissariat, depuis 28 ans "à Rambouillet", selon une source policière.

Un hommage sera rendu lundi à 17h30 à l'agente administrative devant l'hôtel de ville, a indiqué la mairie sur Twitter. Une cérémonie "sobre", un "moment de recueillement" pour "montrer notre soutien à sa famille, à ses collègues et aux policiers", a expliqué à l'AFP la maire, Véronique Matillon.

Le 16 octobre 2020, les Yvelines avaient de nouveau été marquées par l'attaque au couteau de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie tué après montré en classe des caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

Depuis 2015, une vague d'attentats jihadistes a fait plus de 260 morts en France. Plusieurs de ces attaques ont été perpétrées à l'arme blanche et en ciblant les forces de l'ordre, conformément aux mots d'ordre récurrents de l'organisation États islamiques.

Avec AFP