Attaque de Nice: l'émotion des musulmans de France

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L'attentat de Nice a provoqué une émotion profonde en France. Et les réactions de la communauté musulmane ne se sont pas attendre après le triple assassinat de la basilique Notre Dame de Nice commis jeudi matin.

Cette attaque de Nice survient après plusieurs agressions récentes, contre l'enseignant Samuel Paty, contre les locaux de Charlie Hebdo en région parisienne, et quatre ans après l'attentat de juillet 2016 sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts.

Mohamed Moussaoui, le président du CFCM ( le Conseil français du culte musulman) a rapidement et très vigoureusement condamné l'attentat dans la basilique Notre Dame et, en signe de deuil et de solidarité avec les familles des victimes et les catholiques de France, a appelé jeudi les musulmans à annuler toutes les festivités du Mawlid qui commémorent la naissance du prophète.

Ne pas « tout mélanger »

A Nice même, dans le quartier calme et cosmopolite de la basilique Notre Dame, où vivent de très nombreux musulmans, certains s'inquiètent des répercussions que cet attentat pourrait avoir sur la communauté musulmane

Juste derrière la basilique de Nice, c'est une enfilade de boucheries halal, d'épiceries et de primeurs maghrébins. Leila et son mari sont d'origine tunisienne et ils tiennent depuis 35 ans une boulangerie dans ce quartier. Leïla se sent trahie, « on n'a pas le droit de tuer, d'ôter la vie à une maman », dit-elle, en référence à l'une des victimes de l'attaque de Nice. Après l'attaque de jeudi matin, ils expliquent être en colère contre « celui qui a fait ça », et tristes pour les familles des victimes.

Leïla craint aussi que la multiplication de ce genre d'acte divise la société et stigmatise les musulmans. Elle nous raconte cette scène qu'elle a vécue juste après l'attaque : dans le tramway, il y a des gens qui nous regardent de travers. Un monsieur s'est assis à côté de moi et une dame qui a demdandé s'il n'avait pas peur d'être égorgé... « On mélange tout », se désole Leïla.

A la Grande mosquée de Paris

Les mêmes réactions d'incompréhension ont été recueillies hier à la Grande mosquée de Paris. Les fidèles sortent de la prière – il y a des hommes d'un certain âge, des jeunes femmes portant le voile, des étudiants, de vieilles dames.

« Profonde tristesse »

Même consternation à Saphirnews , le quotidien en ligne du fait musulman. « On a une profonde tristesse par rapport à ce qui s’est passé, on est complètement consternés, témoigne son directeur, Mohamed Colin, joint par Geneviève Delrue. Et on est extrêmement solidaires envers les catholiques de France.

Et on sait très bien que les musulmans de France ont beaucoup de liens avec les catholiques. Il y a une solidarité entre ces deux communautés. Le dialogue interreligieux est extrêmement riche et aussi bien à l’échelle nationale qu’à l’échelle locale. Il y a de nombreuses mosquées d’imams qui organisent des débats avec le concours de prêtres. On a essayé, à travers cet acte-là - on tente, justement -, d’abattre ce type de symbole et d’actions qui fonctionnent ».

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