Attaque de Nice: devant la basilique Notre-Dame, la colère se mêle au recueillement

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Au lendemain de l'attaque de Nice, des centaines de personnes sont venues déposer des fleurs ou des bougies devant la basilique Notre-Dame de l’Assomption. Mais déjà, l'émotion et l'unité laissent progressivement place à la peur et à l’exaspération.

Avec nos envoyés spéciaux à Nice, Pierre Olivier et Marc Fichet

Sur les marches, des centaines de fleurs blanches. Malgré le reconfinement en France, chacun a trouvé un moment pour venir se recueillir au pied de la basilique Notre-Dame, théâtre la veille d'une attaque au couteau qui a fait trois morts.

« On a les attestations, on a tout. On est sorti exprès, on n'habite pas très loin. Il fallait quand même montrer qu’on était là et qu’on n’a pas peur », dit une habitante du quartier. « Je devais passer à la poste, et puis là, j’ai dit : "Je vais acheter une petite fleur." Et je vais déposer une petite fleur », reprend une passante.

Mais passée l'émotion, la colère est souvent palpable et les musulmans sont montrés du doigt. « On doit arrêter le passage à nos frontières. C’est vrai qu’on est un pays où il y a toujours eu des cultures différentes qui sont venues. Mais il y a un moment où ils ne veulent pas adhérer à notre culture », dit un homme.

« On va en payer les conséquences »

« En fait, ils sont sur notre sol et je ne vois pas pourquoi ils nous imposeraient leur façon de faire. J’ai vécu en Tunisie. Quand était chez eux, on ne leur a pas dit d’enlever leur voile. On était chez eux. Quand ça ne nous a plus convenu, on est parti, c’est tout ! », estime une dame venue se recueillir.

Pourtant ce vendredi 30 octobre, devant la basilique, de nombreux musulmans étaient aussi présent, comme Ibrane, 18 ans. « On est à peu près 7 millions de musulmans en France et il y a malheureusement quelques personnes qui appellent à la terreur, à la haine. On va en payer les conséquences. Et moi, en tant que musulman, j’apporte tout mon soutien et mon amour à mes autres compatriotes qui ne sont pas de confession musulmane », confie le jeune homme.

Un appel à l'unité qui ne semblait pourtant pas être la priorité de nombreux Niçois venus se recueillir devant la basilique.