Attaque de Nice: un autre homme relâché, deux gardes à vue se poursuivent

Mélanie Rostagnat avec AFP
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Des gendarmes sont déployés le 31 octobre 2020 à proximité de la basilique de Nice - Valery HACHE © 2019 AFP
Des gendarmes sont déployés le 31 octobre 2020 à proximité de la basilique de Nice - Valery HACHE © 2019 AFP

Les gardes à vue de deux hommes, dont un Tunisien soupçonné d'avoir partagé le périple migratoire de l'assaillant de l'attentat à la basilique de Nice, se poursuivaient ce lundi matin tandis qu'un troisième individu a été relâché, a-t-on appris de source judiciaire. Ce Tunisien de 29 ans, A. B-A., aurait voyagé avec l'auteur de l'attaque au couteau, son compatriote Brahim Issaoui, à bord d'un bateau qui a accosté le 20 septembre sur l'île italienne de Lampedusa, selon une source proche du dossier.

Il a été interpellé samedi après-midi à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, à une quarantaine de kilomètres de Nice. Dans le logement qu'il occupait, deux hommes de 25 et 63 ans avaient été arrêtés quelques heures plus tard. Le plus âgé des deux a été remis en liberté sans charge retenue contre lui à ce stade, l'autre reste en garde à vue, a indiqué ce lundi matin la source judiciaire.

Brahim Issaoui toujours hospitalisé

Brahim Issaoui, grièvement blessé par balles jeudi alors qu'il menaçait les policiers dans l'église, était toujours hospitalisé ce lundi.

"Son pronostic vital ne serait plus engagé", a précisé une source proche du dossier, les enquêteurs espérant pouvoir l'interroger dans la journée.

Brahim Issaoui, 21 ans, qui avait des antécédents judiciaires de droit commun, avait quitté mi-septembre la ville de Sfax, au centre de la Tunisie, où il vivait avec sa famille. Arrivé à Lampedusa, il aurait été placé en quarantaine avec près de 400 migrants sur le ferry "Rhapsody" selon la presse italienne, avant de débarquer sur le continent à Bari, dans le sud de l'Italie, le 9 octobre.

Les enquêteurs à la recherche d'éventuels complices

L'enquête a pu déterminer qu'il était arrivé à Nice mardi. Il a été repéré par des caméras de vidéosurveillance à proximité de la basilique la veille des faits. Jeudi, dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption, il a égorgé une femme de 60 ans, Nadine Devillers, et le sacristain, Vincent Loquès, âgé de 55 ans. Une mère de famille brésilienne de 44 ans, Simone Barreto Silva, poignardée à plusieurs reprises, est décédée dans un restaurant à proximité où elle s'était réfugiée.

Les enquêteurs comptent notamment sur l'exploitation des deux téléphones portables retrouvés dans ses affaires et les investigations menées en Tunisie pour retracer son parcours, connaître la raison de son périple et déterminer s'il a bénéficié de complicités, voire d'un commanditaire.

Article original publié sur BFMTV.com