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Attaque lors d'un concert à Moscou: ce que l'on sait

Une femme dépose des fleurs devant un mémorial de fortune devant la salle Crocus, un jour après une attaque sanglante, à Krasnogorsk, près de Moscou, le 23 mars 2024 (STRINGER)
Une femme dépose des fleurs devant un mémorial de fortune devant la salle Crocus, un jour après une attaque sanglante, à Krasnogorsk, près de Moscou, le 23 mars 2024 (STRINGER)

Une fusillade suivie d'un énorme incendie dans une salle de concert en banlieue de Moscou a fait vendredi soir au moins 133 morts.

Voici ce que l'on sait de cette attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI):

Fusillade et incendie

L'assaut, dont les médias russes ont commencé à faire état vers 20H15 à Moscou (17H15 GMT), a été mené par plusieurs individus armés au Crocus City Hall, une salle de concert située à Krasnogorsk, à la sortie nord-ouest de la capitale russe.

Les auteurs auraient utilisé des "armes automatiques" et incendié le bâtiment à l'aide d'un "liquide inflammable", a déclaré le Comité d'enquête samedi.

Les services de secours, cités par l'agence Interfax, ont indiqué que les assaillants avaient "ouvert le feu sur les agents de sécurité à l'entrée de la salle de concert", avant de "commencer à tirer sur le public".

Selon un journaliste de l'agence de presse publique Ria Novosti, des individus en tenue de camouflage ont fait irruption dans le parterre de la salle de concert avant d'ouvrir le feu et de lancer "une grenade ou une bombe incendiaire, ce qui a provoqué un incendie".

"Les personnes qui se trouvaient dans la salle se sont allongées sur le sol pour se protéger des tirs, pendant 15 à 20 minutes, après quoi elles ont commencé à sortir en rampant", a-t-il indiqué.

Un journaliste de l'AFP arrivé sur les lieux quelques heures après l'attaque a vu de la fumée noire et des flammes s'échapper du toit de la salle de concert qui peut accueillir jusqu'à 6.000 personnes. Selon les médias, une partie du toit s'est effondrée. L'incendie a ensuite été maîtrisé.

Quel bilan?

Le bilan s'est alourdi samedi à la mi-journée à 133 morts, a annoncé le Comité d'enquête russe, qui a précisé que "les opérations de recherches se poursuivent" dans les décombres.

Selon le ministère des Situations d'urgence, une centaine de personnes restaient hospitalisées samedi.

Selon ce ministère, les pompiers sont parvenus à évacuer une centaine de personnes qui se trouvaient dans le sous-sol de la salle de concert. Des opérations ont aussi permis de "sauver des personnes se trouvant sur le toit du bâtiment à l'aide d'équipements de levage".

Revendication du groupe Etat islamique

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat dès vendredi soir.

Samedi, l'EI a expliqué sur l'un de ses comptes Telegram que "l'attaque (avait) été menée par quatre combattants de l'EI armés de mitrailleuses, d'un pistolet, de couteaux et de bombes incendiaires".

Le groupe jihdiste a affirmé qu'elle s'inscrivait "dans le contexte (...) de la guerre faisant rage" entre le groupe et "les pays combattant l'Islam".

Le Kremlin a annoncé samedi l'arrestation de 11 personnes, dont les "quatre" assaillants, alors qu'une enquête pour "acte terroriste" a été ouverte. Elles ont été arrêtées dans la région de Briansk, frontalière de l'Ukraine et du Bélarus, a précisé le Comité d'enquête.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré que "les quatre auteurs" de l'attaque avaient été arrêtés alors qu'ils "se dirigeaient vers l'Ukraine où, selon des données préliminaires (des enquêteurs), une +fenêtre+ avait été préparée pour qu'ils franchissent la frontière". Dans son allocution, il n'a pas mentionné la revendication de l'EI.

Les services de sécurité russes (FSB) ont affirmé que les suspects avaient des "contacts" en Ukraine et comptaient y fuir.

Selon des médias russes et le député Alexandre Khinstein, certains des suspects sont originaires du Tadjikistan.

L'Ukraine et une unité de combattants pro-Ukraine à l'origine de récentes incursions armées frontalières en territoire russe ont nié toute responsabilité dans cette attaque.

Le renseignement militaire ukrainien a accusé le Kremlin et ses services spéciaux d'avoir orchestré l'attaque pour accuser l'Ukraine et justifier une "escalade" de la guerre.

L'ex-président russe Dmitri Medvedev a assuré que Moscou tuerait les dirigeants ukrainiens s'il s'avérait qu'ils sont impliqués dans cette attaque.

Avertissements

L'ambassade américaine en Russie avait averti il y a deux semaines ses citoyens que des "extrémistes (avaient) des plans imminents de cibler de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts".

La Maison Blanche a affirmé que les Etats-Unis avaient partagé ces renseignements avec les autorités russes.

"Si les Etats-Unis disposent ou disposaient de données fiables à ce sujet, ils doivent les transmettre immédiatement à la partie russe", a réagi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova vendredi.

Les autorités russes avaient pour leur part annoncé le 3 mars avoir tué six combattants présumés du groupe Etat islamique dans une opération menée en Ingouchie (sud), une petite république du Caucase à majorité musulmane.

Précédents

Par le passé, la Russie a été la cible de nombreuses attaques commises par des groupes islamistes mais aussi de fusillades sans motif politique ou attribuées à des déséquilibrés.

En 2002, des combattants tchétchènes avaient pris en otage 912 personnes dans le théâtre moscovite de la Doubrovka pour réclamer le retrait des troupes russes de Tchétchénie.

La prise d'otages s'était achevée par un assaut des forces spéciales, et la mort de 130 personnes, la quasi-totalité asphyxiées par les forces de l'ordre.

bur-ial-roc/cco/ybl