Attaque de Londres: conservateurs et travaillistes s'écharpent sur la justice

Alors que la police poursuit son enquête pour en savoir plus sur le terroriste responsable de l’attentat samedi à London Bridge -revendique par l'Etat islamique- , une polémique a éclaté entre les partis conservateur et travailliste à propos de la libération conditionnelle de l’attaquant il y a un an. En pleine campagne électorale avant les législatives du 12 décembre, les partis avaient déclaré une trêve qui n’aura donc pas duré longtemps.

Dès vendredi soir Boris Johnson avait tenté le premier de retourner la situation à son avantage en affirmant dire depuis longtemps que le système de libérations anticipées automatiques ne fonctionne pas, rappelle notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Le Premier ministre l’a redit samedi en se rendant sur les lieux de l’attaque à London Bridge avec sa ministre de l’Intérieur, Priti Patel. « Quand des gens sont condamnés à un certain nombre d'années en prison, ils devraient purger chaque année de cette condamnation », a déclaré M. Johnson qui a également plaidé pour des peines plus lourdes en cas d'infractions violentes. Le gouvernement a depuis annoncé qu’il allait revoir les conditions de sortie des prisonniers.

Rappelons que Usman Khan, l'assaillant abattu la veille, avait été libéré en 2018 à la moitié de sa peine, à condition qu’il porte un bracelet électronique et soit supervisé. Il avait été condamné en 2012 pour des infractions terroristes.

Plusieurs personnalités du parti travailliste ont critiqué le gouvernement : l’ancienne ministre et députée Labour Yvette Cooper a rappelé que les conservateurs avaient été mis en garde contre les risques posés par leur décision d’abolir en 2012 un système de condamnations à durée indéterminée mis en place par les travaillistes pour empêcher que les prisonniers les plus dangereux soient relâchés…

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Les deux principaux partis tentent de rejeter la faute sur l’autre

Cette attaque peut influencer le reste de la campagne, d'ailleurs Priti Patel a tenté de rendre les travaillistes responsables en citant leurs mesures de libérations automatiques introduites en 2008.

Néanmoins plusieurs criminologues ont pointé du doigt les sévères coupes budgétaires opérées par les conservateurs depuis 2010 qui ont selon eux « décimé » le service de probation et réduit l’efficacité des forces de sécurité…

Cette politique systématique d’austérité menée par les Tories revient régulièrement les hanter et Boris Johnson qui est l’invité ce dimanche d’une émission politique phare de la BBC ne va certainement pas manquer de se justifier…

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