Attaque d'une policière: Bardella (RN) et Abad (LR) plaident pour des peines de sûreté

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Le numéro 2 du RN Jordan Bardella et le président du groupe LR à l'Assemblée nationale Damien Abad ont plaidé samedi pour rouvrir le débat sur les peines de sûreté, au lendemain de l'attaque d'une policière au couteau près de Nantes, "une tromperie" qui évite de parler du "manque de moyens" des policiers pour l'écologiste Julien Bayou.

"Il faut voir le débat sur la rétention de sûreté", pour que "quand vous avez fini votre peine, on étudie votre dossier médical et les faits pour lesquels vous avez été condamné, et on estime si oui ou non vous présentez un risque pour la société et autrui", a affirmé M. Bardella sur CNews.

"Quand vous êtes fiché pour radicalisation et suivi en tant que schizophrène lourd, votre place n'est pas d'être remis en liberté avec un suivi ponctuel qui ne protège pas le reste de la société", a-t-il ajouté, en allusion au profil du suspect de l'agression de La-Chapelle-sur-Erdre, un schizophrène fiché pour radicalisation, qui a grièvement blessé une policière municipale vendredi à l'arme blanche et séquestré une jeune femme avant d'être tué par les gendarmes.

"A chaque fois c'est le même profil, des gens fichés, suivis", "des multirécidivistes, qui se radicalisent par la case prison" et "on court derrière sans être capables de prendre des mesures préventives", a affirmé M. Bardella.

Selon lui, "quand vous êtes étranger et fiché S vous devez être renvoyé chez vous" et "pour les autres, il faut réhabiliter l'article d'intelligence avec l'ennemi qui permettrait d'engager des procédures de justice contre des gens dont on sait qu'ils ont un lien avec l'idéologie islamiste".

"En toute autre démocratie, la démission du ministre de la Justice et de l'Intérieur serait déjà sur la table du président de la République", a-t-il estimé.

De son côté Damien Abad a estimé sur France Inter que "trop de personnes sortent de prison alors qu'elles continuent d'être radicalisées" avec un suivi "largement insuffisant".

"Il faut vraiment mettre en place des peines de sûreté" et "envisager des systèmes de bracelets et autres" car "on ne peut pas passer de la prison à la liberté sans aucune étape intermédiaire".

Quant au profil de l'assaillant "il faut éviter de psychiatriser le terrorisme, certainement il y avait des troubles psychiatriques mais aussi des éléments de radicalisation et c'est aussi et avant tout là-dessus qu'il faut agir", a-t-il ajouté.

Le candidat écologiste aux régionales et numéro un d'EELV Julien Bayou a lui estimé qu'il y avait une "question un peu taboue": celle du manque "d'aumoniers musulmans" qui "ne sont même pas rémunérés" alors qu'ils "pourraient peut-être corriger la vision absolument dévoyée de l'Islam que certains et certaines détenus peuvent peuvent développer".

Il a estimé plus largement qu'il y avait "déjà une réponse pénale" qui est "plutôt sévère, disons appropriée" pour les attaques contre les forces de l'ordre. Et "ça n'est pas en en l'augmentant, en faisant comme aux États-Unis +des live sentences+, avec des double ou triple perpétuité que ça va changer quoi que ce soit à la situation de détresse des policiers", a-t-il déclaré sur France Inter.

Pour lui, "quand les ministres où l'extrême droite parlent réponse pénale, c'est une manière déguisée d'accabler la justice qui est déjà par ailleurs en profond manque de moyens" et "c'est une tromperie, une arnaque" vis-à-vis des policiers qui "manquent cruellement de moyens" aussi.

"Les personnes qui parle de démarche sécuritaire depuis des décennies, sont les mêmes qui ont réduit le nombre de policiers: c'est Nicolas Sarkozy, c'est Valérie Pécresse quand elle était ministre du Budget qui ont entériné cette folie finalement très dogmatique du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux", a-t-il dénoncé.

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