Une attaque de drones en Crimée, accuse l’armée russe

This handout video grab released by the Russian Defence Ministry on February 12, 2022 shows a Moskva Russian cruiser during the Black sea naval exercises outside the Crimean port of Sevastopol. (Photo by Handout / Russian Defence Ministry / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT
HANDOUT / AFP This handout video grab released by the Russian Defence Ministry on February 12, 2022 shows a Moskva Russian cruiser during the Black sea naval exercises outside the Crimean port of Sevastopol. (Photo by Handout / Russian Defence Ministry / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / RUSSIAN DEFENCE MINISTRY" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

GUERRE EN UKRAINE - L’armée russe a annoncé avoir repoussé, ce samedi 29 octobre, une attaque de drones massive sur sa flotte dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée. Une attaque que l’armée de Vladimir Poutine a imputée à l’Ukraine et à la Grande-Bretagne et qui a endommagé un navire.

La Défense britannique a réagi en dénonçant de « fausses informations » destinées à « détourner l’attention », tandis qu’un responsable ukrainien a suggéré qu’une « manipulation négligente d’explosifs » par les forces russes était à l’origine de l’incident.

On fait le point sur l’incident.

Que sait-on de l’attaque ?

Les autorités prorusses de Crimée ont annoncé samedi au petit matin que des navires de la flotte russe de la mer Noire avaient repoussé une attaque de drone dans la baie de Sébastopol, et que tous les engins avaient été abattus. « Aucune installation dans la ville n’a été touchée. La situation est sous contrôle », a indiqué le gouverneur prorusse de la ville, Mikhaïl Razvojaïev. Il a évoqué « l’attaque la plus massive de drones et de véhicules de surface pilotés à distance sur les eaux de la baie de Sébastopol dans l’histoire » du conflit en Ukraine.

Le ministère russe de la Défense a de son côté rapporté des « dégâts mineurs » sur le navire dragueur de mines Ivan Goloubets, ainsi que sur le barrage de confinement de la baie. « La préparation de cet acte terroriste et la formation du personnel militaire du 73e centre ukrainien des opérations maritimes spéciales ont été menées par des spécialistes britanniques basés à Otchakov, dans la région de Mykolaïv en Ukraine », a indiqué le ministère russe de la Défense sur Telegram.

Selon Moscou, l’attaque a impliqué « neuf véhicules aériens sans pilote et sept drones maritimes autonomes » et a visé des navires qui participent à la sécurité des convois chargés d’exporter les céréales ukrainiennes à la faveur d’un accord conclu sous égide de l’ONU et de la Turquie. La Russie a critiqué récemment cet accord, faisant valoir que ses propres exportations de céréales souffraient à cause des sanctions.

Le ministère russe de la Défense a aussi accusé Londres d’être impliqué dans les explosions ayant endommagé en septembre les gazoducs russes Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique.

Que répondent l’Ukraine et le Royaume-Uni ?

Le ministère britannique de la Défense a dénoncé une « histoire inventée » par la Russie pour « détourner l’attention de sa gestion désastreuse de l’invasion illégale de l’Ukraine ».

Un conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur, Anton Gerachtchenko, a pour sa part assuré sur Telegram qu’« à la suite de la manipulation négligente d’explosifs dans la baie de Sébastopol, quatre navires de guerre de la flotte russe de la mer Noire ont explosé, dont une frégate et un navire de débarquement ».

Pourquoi la Crimée a-t-elle un rôle important dans le conflit ?

La Crimée, annexée en mars 2014 par la Russie, sert de quartier général à sa flotte de la mer Noire et de base arrière logistique pour son offensive en Ukraine. Les attaques visant ce territoire se sont ainsi multipliées ces dernières semaines, à mesure que les forces ukrainiennes progressent sur le front Sud en direction de la ville de Kherson, transformée en forteresse par les Russes en attendant l’inévitable assaut de l’armée de Kiev.

Ce jeudi 27 octobre, Mikhaïl Razvojaïev Razvojaïev avait annoncé que la centrale électrique thermique de Balaklava avait été visée par une attaque de drone qui n’avait pas provoqué de gros dégâts ni de victimes. En août, il avait fait état d’une attaque au drone contre l’état-major de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol sans faire de victimes, après une première frappe quelques jours plus tôt qui a blessé cinq personnes.

Un aérodrome et une base militaire avaient également été victimes d’explosions en août en Crimée, des attaques pour lesquelles l’Ukraine avait fini par reconnaître une responsabilité plusieurs semaines après les faits.

Et début octobre, c’était le pont de Crimée, infrastructure clé pour la péninsule qui la relie à la Russie, inauguré à grands frais par Vladimir Poutine en 2018, qui était endommagé par l’explosion d’un camion piégé.

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