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Attaque meurtrière en Jordanie: Washington promet des représailles décisives

Image satellite diffusée le 29 janvier 2024 par Planet Labs PBC et prise le 12 octobre 2023 de la base "Tour 22", accueillant dds troupes américaines dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes près de la frontière jordanienne avec l'Irak et la Syrie (-)
Image satellite diffusée le 29 janvier 2024 par Planet Labs PBC et prise le 12 octobre 2023 de la base "Tour 22", accueillant dds troupes américaines dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes près de la frontière jordanienne avec l'Irak et la Syrie (-)

Les Etats-Unis ont annoncé lundi des représailles "conséquentes" après une frappe de drone en Jordanie imputée à des groupes pro-Iran qui a coûté la vie à trois militaires américains, Téhéran démentant toute implication dans l'attaque survenue dans un contexte régional explosif.

Il s'agit des premiers décès de militaires américains dans une attaque depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre. Ils font craindre l'escalade alors que les combats font rage dans la bande de Gaza pilonnée par Israël et que des accès de violence secouent d'autres régions du Moyen-Orient.

"Washington ne cherche pas la guerre avec l'Iran", a déclaré à la presse lundi John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. Mais "cette attaque représente une escalade, que ce soit bien clair, et elle appelle une réponse".

Le président américain Joe Biden a rencontré des hauts responsables pour discuter de la situation, dont Jake Sullivan, son conseiller à la Sécurité nationale,  Brett McGurk, son conseiller pour le Moyen-Orient et son ministre de la Défense Lloyd Austin.

Joe Biden répondra "d'une manière très conséquente", avait prévenu John Kirby auparavant sur CNN, se refusant à discuter des cibles envisagées, y compris si des frappes en Iran étaient à l'ordre du jour.

Téhéran a assuré n'avoir rien à voir avec l'attaque et a démenti les accusations américaines sur son soutien aux groupes qui ont ciblé dimanche la Tour 22, une base reculée située dans le nord-est de la Jordanie, près des frontières avec l'Irak et la Syrie.

- Nouvelle attaque en Syrie-

Trois militaires américains ont été tués au moment où les troupes dormaient et plus de 40 personnes ont été blessées, un bilan qui s'ajoute aux 80 personnes blessées dans de précédentes violences, a précisé Sabrina Singh, une porte-parole du Pentagone.

D'après les médias américains, citant des sources officielles, les forces ont peut-être échoué à déjouer l'attaque, ne parvenant pas à déterminer si le drone était ennemi ou s'il s'agissait d'un engin américain de retour dans sa base. Le Pentagone n'a pas confirmé, disant que l'enquête était toujours en cours.

Selon Mme Singh, l'attaque portait "l'empreinte des Kataëb Hezbollah", un groupe irakien soutenu par l'Iran et que le Pentagone a accusé d'être à l'origine de violences antérieures.

Les forces américaines et de la coalition internationale antijihadistes ont également été visées lundi par des tirs de missiles sur la base de Shaddadi dans le nord-est de la Syrie, sans faire ni victime ni dégât.

Depuis la mi-octobre, des groupes armés pro-Iran tirent des roquettes et utilisent des drones contre les troupes de Washington et de la coalition internationale.

Au total, celles-ci ont été visé par plus de 165 attaques -- 66 en Irak, 98 en Syrie et une en Jordanie.

Washington déploie environ 2.500 militaires en Irak et 900 en Syrie, dans le cadre d'un dispositif destiné à lutter contre une éventuelle résurgence du groupe Etat islamique (EI).

- "Spirale de la violence" -

En représailles aux attaques sur son personnel, Washington avait déjà mené plusieurs frappes en Irak contre des combattants de groupes armés pro-Iran.

Tout comme au Yémen où des bombardements ont pris pour cible des positions des rebelles Houthis, qui eux visent le trafic maritime international en mer Rouge et dans le golfe d'Aden.

Bagdad a condamné lundi l'attaque contre les soldats américains en Jordanie, tout en appelant à "stopper la spirale de la violence" au Moyen-Orient.

L'attaque a également été condamnée par l'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la France et le Royaume-Uni dont le chef de la diplomatie, David Cameron, a appelé l'Iran à "la désescalade dans la région".

La situation est explosive au Moyen-Orient depuis l'attaque inédite du Hamas palestinien sur le sol israélien le 7 octobre, qui entraîné la mort d'environ 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le mouvement islamiste palestinien et les  opérations militaires israéliennes dans le territoire ont fait 26.637 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

burs-wd/ev/aem