Attaque devant les ex-locaux de Charlie Hebdo: "colère" et regrets de l'assaillant

AL
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Image tirée d'une vidéo montrant des policiers arrêtant un suspect après une attaque au hachoir devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, le 25 septembre 2020 à Paris - Laura CAMBAUD © 2019 AFP
Image tirée d'une vidéo montrant des policiers arrêtant un suspect après une attaque au hachoir devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, le 25 septembre 2020 à Paris - Laura CAMBAUD © 2019 AFP

Un jeune Pakistanais, qui a attaqué deux personnes avec un hachoir près des anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris en septembre 2020, a expliqué devant une juge avoir agi par "colère" et a exprimé des regrets, a indiqué ce mercredi une source proche du dossier, confirmant des propos relatés par Le Parisien.

"J'ai vu un homme et une femme en train de rigoler entre eux. J'ai été pris de colère parce que je pensais qu'ils rigolaient sur moi", a raconté le jeune homme, Zaheer Hassan Mahmoud, lors d'une audition le 15 décembre devant la juge d'instruction antiterroriste en charge de l'affaire.

"J'étais en colère, c'était noir"

"Ensuite, je n'ai rien compris, j'étais en colère, c'était noir, je ne savais pas ce que j'étais en train de faire. J'ai pris mon sac, j'ai sorti le couteau, je suis revenu vers eux et je les ai attaqués sans savoir où je frappais", a-t-il ajouté en langue ourdou.

En France depuis 2018, le suspect de 26 ans a affirmé avoir découvert sur internet les caricatures du prophète publiées par Charlie Hebdo "sept ou huit jours" avant son attaque, le 25 septembre. La republication de ces caricatures par l'hebdomadaire, à l'occasion de l'ouverture début septembre du procès des attentats de janvier 2015, a entraîné des manifestations dans des pays musulmans, dont le Pakistan, son pays d'origine.

"Choqué" par les caricatures, Zaheer Hassan Mahmoud visionne alors de façon compulsive des vidéos émanant notamment d'imams pakistanais radicaux. "Je me suis dit: 'Pourquoi la France fait ça? Je suis en France je dois me révolter, parce que sinon personne n'en parlera'", a-t-il relaté.

"Je n'étais pas venu pour tuer"

Il se rend le 25 septembre, peu avant midi, rue Nicolas-Appert, dans le Xe arrondissement, en ignorant que Charlie Hebdo avait quitté ses locaux après l'attentat de 2015. Devant la porte de l'immeuble, il blesse grièvement avec un hachoir un homme et une femme, journalistes à l'agence Premières Lignes.

"Je ne sais pas comment j'ai pu attaquer ou blesser autant quelqu'un. Je n'étais pas venu pour tuer", a-t-il assuré lors de son audition, pleurant en regardant des images de l'attaque et précisant vouloir "demander pardon aux victimes".

Interpellé peu après, il a été mis en examen notamment pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" puis placé en détention provisoire. Dans cette affaire, quatre Pakistanais âgés de 17 à 21 ans, soupçonnés d'avoir été en contact avec lui, ont été mis en examen et incarcérés en décembre.

Article original publié sur BFMTV.com