Attaque de San Bernardino : Apple refuse d'aider le FBI

Attaque de San Bernardino : Apple refuse d'aider le FBI

L'attaque sanglante avait fait 14 morts début décembre en Californie. Le FBI continue ses investigations pour comprendre ce qui a poussé un couple marié, Syed Farook et Tashfeen Malik, à ouvrir le feu à l'intérieur d'un bâtiment de la ville de San Bernardino. Les enquêteurs s'intéressent de près à leur parcours et tentent de savoir si ces deux individus n'avaient pas des complices. Et pour cela, ils ont fait appel à l'entreprise Apple pour accéder au contenu crypté d'un des téléphones qui appartenaient aux terroristes. Mais le géant de l'informatique refuse pour l'instant de participer à l'enquête, malgré la demande pressante de la justice américaine.

La crainte de l'effacement des données

"Apple aidera à permettre les recherches sur un téléphone cellulaire" (iPhone 5C), et ce, "en fournissant une assistance technique raisonnable pour aider les agents des forces de l'ordre à obtenir l'accès aux données sur l'appareil", a écrit la juge californienne Sheri Pym dans sa décision rendue en début de semaine. Elle explique que seule la firme peut fournir aux autorités un logiciel permettant de contourner l'effacement automatique des données du téléphone.

Une menace pour "la sécurité" des clients

Dans un communiqué consultable sur son site, Apple a refusé de se plier à cette décision judiciaire qui "menace la sécurité de (ses) clients" car elle "a des répercussions au-delà du cadre juridique". Une fin de non-recevoir qui agace le procureur fédéral du centre de la Californie. "Nous avons pris l'engagement solennel envers les victimes et leurs familles que nous ne ménagerons aucun effort et que nous rassemblerons autant d'informations et de preuves que possible", a-t-il rappelé.

Le directeur du FBI, James Comey, avait déploré la semaine dernière que, deux mois après la tragédie, "il y (ait) toujours un des téléphones des assassins que nous n'avons pas réussi à ouvrir". Le FBI et les agences de renseignements font campagne depuis plusieurs mois auprès des fabricants de smartphones pour qu'en cas de mandat judiciaire, ils leur laissent un droit d'accès aux contenus des appareils cryptés.

Une attaque revendiquée par Daesh

Le massacre a été perpétré par un couple marié, Syed Farook et Tashfeen Malik, cette dernière ayant prêté allégeance à Daesh sur une page Facebook ouverte sous un nom d'emprunt. "Deux partisans de l'Etat islamique ont attaqué il y a plusieurs jours un centre à San Bernardino en Californie, ouvrant le feu à l'intérieur, ce qui a entraîné la mort de 14 personnes et fait plus de 20 blessés", avait déclaré l'organisation djihadiste dans un bulletin radiophonique diffusé quelques jours après l'attentat.