Attaque d'Annecy: le RN et LR appellent à "ne plus se soumettre" aux règles de l'UE

Marine Le Pen et le patron du parti Les Républicains (LR) Éric Ciotti ont appelé vendredi à ce que la France reprenne sa "souveraineté" sur l'immigration afin de "ne plus se soumettre" aux règles "inadaptées" de l'UE après l'attaque au couteau d'Annecy par un réfugié syrien.

Sur Europe 1, la patronne du groupe Rassemblement nationale (RN) à l'Assemblée nationale a sévèrement critiqué le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour avoir accepté la veille une réforme de la politique migratoire de l'Union européenne.

Elle prévoit une solidarité obligatoire, les Etats étant tenus d'accueillir un certain nombre de demandeurs d'asile arrivés dans un pays de l'UE ou à défaut d'apporter une contribution financière à ce pays.

"C'est inadmissible! Monsieur Darmanin qui essaie de se présenter comme quelqu'un de ferme n'aurait jamais dû accepter cette situation", a déploré Marine Le Pen qui appelle à "reprendre la souveraineté" sur les questions d'immigration.

"Gestion catastrophique"

"Je n'admets pas, comme beaucoup de Français, que nous ne soyons plus décisionnaires de qui entre dans notre pays, qui s'y maintient et à quelles conditions", a-t-elle expliqué, défendant une supériorité de la Constitution française sur le droit européen.

Pour sa part, Eric Ciotti a fustigé sur France 2 "une gestion catastrophique de l'asile en Europe". "Il faut changer les règles françaises et il ne faut plus se soumettre à des règles qui nous sont imposées, qui sont inadaptées", a-t-il affirmé, rappelant la proposition de LR d'un "bouclier constitutionnel", permettant de déroger au droit international sur les questions migratoires au nom des intérêts de la Nation.

L'agresseur d'Annecy, Abdalmasih H., de nationalité syrienne, avait obtenu l'asile en Suède en 2013 où il a vécu pendant 10 ans. Ce père d'une enfant de 3 ans était en situation régulière quand il est arrivé en France, il y a quelques mois. Dans une nouvelle demande d'asile déposée en France en novembre 2022, il s'était déclaré "chrétien de Syrie", selon une source policière.

Article original publié sur BFMTV.com