Attaque d'Afrin en Syrie par la Turquie : "Faire une guerre ça permet de revigorer la fibre nationaliste"

franceinfo
La politologue de l'IFRI Dorothée Schmid a indiqué mardi sur franceinfo qu'il "est très difficile de savoir ce que pense réellement la population en Turquie", à propos de l'offensive à Afrin en Syrie.

En Syrie, l’armée turque assiège mardi 13 mars la ville d’Afrin, bastion d'une milice kurde soutenue par les États-Unis mais qualifiée de "terroriste" par Ankara. Cette opération est aussi un moyen d'entretenir la fibre nationaliste et de mater l'opposition, explique sur franceinfo Dorothée Schmid, politologue, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'IFRI.

franceinfo : Qu'espère le président turc Recep Tayyip Erdogan d'une telle action ?

Dorothée Schmid : Entretenir la fibre nationaliste et mater l'opposition, c'est un des objectifs qui est en train de monter en puissance en Turquie dans la perspective des prochaines consultations électorales. On a encore des doutes sur la date des prochaines élections législatives, on estime qu'elles pourraient être anticipées. Ensuite, on aura la présidentielle. Depuis 2015, Recep Tayyip Erdogan sait qu'il a du mal à maintenir sa majorité. Il a dû faire face à un début de structuration de l'opposition qu'il s'est ensuite appliqué à détruire très méthodiquement. Aujourd'hui, il est en pleine alliance avec les nationalistes. Alors, évidemment, faire une guerre ça permet de revigorer la fibre nationaliste, de refaire une forme d'unité dans un pays très clivé.

L'opération à Afrin en Syrie est-elle soutenue par la population turque ?

C'est très difficile aujourd'hui de savoir ce que pense réellement la population en Turquie. En réalité, (...)

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