Attaque au Mozambique: Total met son site gazier à l'arrêt complet

·2 min de lecture

Neuf jours après la prise de la ville de Palma par un groupe affilié à l'organisation État islamique, le groupe Total a mis à l'arrêt complet son site gazier dans le nord-est du Mozambique.

La menace devenait sans doute trop forte pour Total. Neuf jours après l'attaque de Palma par un groupe jihadiste, une source sécuritaire a indiqué à l'AFP que le groupe a évacué tout le personnel de son site gazier d'Afungi, situé à quelques kilomètres de là. Vendredi, le méga-projet de production de gaz naturel liquéfié était ainsi à l'arrêt complet.

Le 24 mars, des groupes armés ont attaqué Palma, ville portuaire de 75 000 habitants, tuant des dizaines de civils, policiers et militaires. Le raid soigneusement préparé a été revendiqué par le groupe État islamique (EI).

Le géant énergétique français, désormais sous la protection de l'armée mozambicaine, n'a pas déploré de victimes et le site n'a pas été directement visé. Mais alors que l'armée tente toujours de reprendre Palma, une source de sécurité citée par l'AFP rapporte que des rebelles ont été repérés ces derniers jours à proximité du site gazier. Par ailleurs, des milliers de personnes qui ont fui Palma ont afflué depuis neuf jours vers le site de la péninsule d'Afungi. Vendredi, elles étaient ainsi près de 15 000 dans la concession gazière, et plusieurs milliers aux portes mêmes du site.

Les travaux de la future exploitation gazière, prévue pour entrer en fonctionnement en 2024, étaient déjà suspendus depuis fin décembre à la suite d'une série d'attaques jihadistes à proximité. Cela avait entraîné l'évacuation d'une partie du personnel. Neuf jours après l'attaque sur la ville de Palma, c'est désormais certain : le méga-projet de plusieurs milliards va subir un immense retard.