Attaque au couteau à Villeurbanne en 2019: une 3e expertise psychiatrique de l'auteur a été demandée

PC avec AFP
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Une attaque au couteau avait fait un mort et huit blessés à Villeurbanne le 31 aout 2019. - Philippe Desmazes / AFP
Une attaque au couteau avait fait un mort et huit blessés à Villeurbanne le 31 aout 2019. - Philippe Desmazes / AFP

Le 31 aout 2019, un Afghan de 34 ans, muni d'un couteau, avait tué un étudiant et blessé plusieurs passants la sortie de la station de métro Laurent Bonnevay à Villeurbanne, dans le Rhône. L'auteur avait été maîtrisé par plusieurs témoins puis mis en examen pour "assassinat et tentatives d'assassinats".

Après deux expertises sur sa santé mentale, une troisième a été demandée par les deux juges d'instructions, a appris l'AFP ce mardi. L'annonce a été faite aux treize victimes constituées parties civiles, à l'issue d'une réunion collective le 9 septembre au palais de justice de Lyon et d'une série d'auditions individuelles dans leur bureau.

Deux précédentes expertises psychatriques ont émis des avis divergents

En décembre 2019, une première expertise avait fait état d'une "altération du discernement" de l'auteur de l'attaque. Un diagnostic qui permettrait de le traduire devant les tribunaux.

A cette date, la psychiatre Natalie Giloux avait relevé des "troubles schizophréniques" avec "syndrome hallucinatoire". Elle avait notamment estimé que ses troubles mentaux avaient été accentués par une forte consommation de cannabis.

En juin, son collègue Jean Canterino avait diagnostiqué une schizophrénie avec délire de persécution, avec une thématique religieuse, ayant provoqué "l'abolition du discernement" de l'auteur au moment des faits. Dans un tel cas de figure, le mis en examen ne peut être jugé.

L'auteur de l'attaque dit avoir été "empoisonné en Angleterre"

Né en Afghanistan, Sultan N. dit avoir traversé le Pakistan et l'Iran avant de se rendre en Europe. Il a séjourné dans plusieurs pays européens avant d'arriver en France en 2016. L'homme avait indiqué être en proie à des hallucinations visuelles et auditives depuis plusieurs années, persuadé d'avoir été "empoisonné en Angleterre".

Ce 31 août 2019, au cours de l'agression à Villeurbanne, il avait tenu des propos à caractère religieux, mais les enquêteurs n'avaient trouvé aucun élément de complicité et l'affaire n'avait pas été confiée au pôle antiterroriste de Paris.

"S'il est déclaré irresponsable à la fin de l'instruction judiciaire, une audience symbolique pourra avoir lieu à la chambre de l'instruction, mais ce n'est pas facile à accepter pour les victimes qui ont l'impression qu'il n'est pas sanctionné pour ce qu'il a fait", a réagi Frédéric Lalliard, avocat de deux parties civiles.

Contacté, le défenseur de l'agresseur n'a pas souhaité s'exprimer. "Par égard pour les victimes", a expliqué Me Thibaud Claus.

Article original publié sur BFMTV.com