Attaque à l'arc: la Norvège privilégie la piste de la «maladie» mentale

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Les autorités norvégiennes hésitent toujours à qualifier les faits reprochés à Espen Andersen Bråthen, qui a tué avec son arc cinq personnes dans une petite ville norvégienne mercredi 13 octobre. Qu’il ait été motivé par des troubles psychiatriques, par sa radicalisation ou les deux, le Danois de 37 ans a été placé dans un établissement psychiatrique fermé ce jeudi 14 octobre au soir.

Jeudi, la police affirmait qu’il n’y avait aucun doute : cette chasse à l’homme dans les rues de Kongsberg, un arc à la main, faisait penser à un « acte terroriste ».

Mais ce vendredi 15 octobre, elle semble avoir changé son fusil d'épaule. « La piste qui a été la plus renforcée après les premiers jours de l'enquête est celle de la maladie comme toile de fond, a déclaré l'inspecteur Per Thomas Omholt lors d'une conférence de presse. Mais nous laissons la porte ouverte à d'autres hypothèses. »

Parmi les théories de départ, la police avait envisagé « la colère, la revanche, une pulsion, le jihad, la maladie et la provocation », a expliqué le policier, sans pour autant les écarter.

Les autorités ont du mal à éclaircir les motivations d’Espen Andersen Bråthen, bien qu’il ait déjà été signalé pour sa radicalisation en 2020. Comme elles ont aussi du mal à expliquer pourquoi il a réussi à échapper aux policiers, qui l’ont poursuivi dans le centre de Kongsberg pendant plus d’une demi-heure. Ces derniers étaient armés, mais ils n’avaient pas d’équipements de protection, rapporte notre correspondant régional, Frédéric Faux, depuis Stockholm.

« Des allers-retours dans le système de santé » pour troubles psychiatriques

Les dernières déclarations de la police renforcent les doutes qui entourent la santé mentale, et donc la responsabilité pénale, d'Espen Andersen Bråthen. Ce dernier a reconnu avoir tué cinq personnes et en avoir blessé trois autres à Kongsberg, dans le sud-est du pays, où il réside.

Soupçonné de radicalisation islamiste, ce Danois de 37 ans a été placé vendredi en détention provisoire pour quatre semaines, les deux premières en isolement total. Plutôt qu'en prison, il sera maintenu dans une unité psychiatrique d’une institution médicalisée, a précisé la procureure Ann Iren Svane Mathiassen. Son état mental y sera évalué, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

« C'est une personne qui a fait des allers-retours dans le système de santé pendant un certain temps », avait déclaré le chef des services de sécurité PST, Hans Sverre Sjøvold, jeudi, sans plus de détails.

Le nouveau Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre se rendait en fin de journée dans la petite ville, encore sous le choc, où une cérémonie en l’honneur des victimes se tiendra dimanche 17 octobre.

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