Attaquée en diffamation par trois gendarmes, Assa Traoré relaxée par le tribunal

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Dans une tribune, la soeur d'Adama Traoré avait accusé nommément trois gendarmes d'être à l'origine de la mort du jeune homme lors de son interpellation. Le tribunal l'a finalement relaxée.

La 17ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris a relaxé ce jeudi Assa Traoré des faits de diffamation pour lesquels elle était poursuivie. Trois gendarmes avaient porté plainte contre elle après la parution sur Facebook d’une tribune intitulée "J'accuse" et dans laquelle elle les mettait directement et nommément en cause dans la mort de son frère. 

Dans une référence à la formule d'Emile Zola, Assa Traoré les accusait "d'avoir tué Adama Traoré en l'écrasant avec le poids de leurs corps", "de ne pas (l')avoir secouru" et "d'avoir refusé de (le) démenotter en affirmant qu'il simulait".

"J'assume cette lettre"

Ce jeune homme noir de 24 ans est mort dans la cour de la caserne de Persan, dans le Val-d'Oise, en 2016, après une course-poursuite et une interpellation musclée par les gendarmes, un jour de canicule. Depuis cinq ans, des juges d'instruction tentent de déterminer les causes de ce décès, s'appuyant sur des expertises médicales dont les conclusions divergent sur la responsabilité des gendarmes, pas mis en examen à ce stade. 

"Lorsqu'un individu est entre les mains d'un service public et qu'il décède, on peut estimer qu'il y a une responsabilité des individus qui l'ont interpellé", a défendu l'avocat d'Assa Traoré, Me Yassine Bouzrou, pour rejeter les accusations de diffamation lors de l'audience qui a eu lieu le 7 mai.

"J'assume cette lettre. Si la justice française à laquelle j'étais censée faire confiance avait fait le travail nécessaire, peut-être qu'à ce moment-là, je n'aurais pas eu envie d'écrire cette lettre", a de son côté argué Assa Traoré. 

Condamnée pour "atteinte à la présomption d'innocence"

Me Thibault de Montbrial, avocat de l'un des gendarmes, a quant à lui déclaré que "cette tribune n'a plus rien à voir avec la justice. La justice qui est demandée, ça n'est plus d'avoir une décision mais une condamnation coûte que coûte de tout le monde", a-t-il ajouté.

En février dernier, ces mêmes gendarmes ont obtenu une condamnation d'Assa Traoré par la cour d'appel de Paris, devant laquelle ils l'attaquaient au civil pour "atteinte à la présomption d'innocence".

Article original publié sur BFMTV.com

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