Attal juge « inacceptable » que les biologistes perturbent le suivi du Covid

Le ministre du Budget, Gabriel Attal, pointe  notamment du doigt les 7 milliards d’euros de bénéfices engrangés par les  laboratoires d’analyses grâce aux tests du Covid. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
LUDOVIC MARIN / AFP Le ministre du Budget, Gabriel Attal, pointe notamment du doigt les 7 milliards d’euros de bénéfices engrangés par les laboratoires d’analyses grâce aux tests du Covid. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

CORONAVIRUS - « J’assume de leur demander un effort ». C’est un Gabriel Attal droit dans ses bottes - pour reprendre une expression chère à Emmanuel Macron - qui est venu défendre jeudi 27 octobre sur franceinfo la décision du gouvernement de baisser les tarifs des examens courants pour les laboratoires d’analyses, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

La mesure, passée en force la veille sous le régime du 49-3, a fait bondir les biologistes de l’Hexagone. Dénonçant un « rabot aveugle » du budget de la Sécurité sociale, ils ont annoncé dans la foulée qu’ils cesseront d’alimenter le fichier national des tests de dépistage du Covid (SI-Dep) à compter du 27 octobre. Si les patients continueront de recevoir leurs résultats, « il n’y aura plus de suivi possible de l’épidémie », a menacé auprès de l’AFP Alain Le Meur, le président de l’Alliance pour la biologie médicale.

Un chantage jugé injustifiable par le ministre du Budget, au regard, notamment, des bénéfices engrangés par les laboratoires d’analyses durant la crise du Covid-19. « Cette décision de ne pas transmettre les résultats de tests Covid est inacceptable. Ces tests leur ont permis d’augmenter leur chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros », a protesté Gabriel Attal.

Vers une grève des laboratoires d’analyse ?

La mesure, défendue par le ministre, doit permettre 250 millions d’euros d’économies par an sur le budget de la sécurité sociale. « Dans un secteur qui est déjà très rentable (la biologie médicale), qui a des marges qui sont passées de 18% à 26% (...) j’assume de leur demander un effort de 250 millions d’euros », a-t-il répété. Et Gabriel Attal d’ajouter : « À un moment, il faut que des contributions soient apportées. »

Les biologistes, opposés à une baisse généralisée des tarifs de leurs actes courants, rappellent qu’ils ont déjà proposé à plusieurs reprises, depuis 2021, de réduire les prix des tests Covid afin de diminuer la facture de l’Assurance maladie et dénoncent une décision « unilatérale » du gouvernement. Aujourd’hui prête à « aller plus loin », l’Alliance pour la biologie médicale envisage d’aller jusqu’à « une grève si le gouvernement ne [les] comprend pas ».

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