Ces athlètes ukrainiens qui rêvent de médailles aux JO malgré la guerre

COURRIER INTERNATIONAL : Comment vous est venue l’idée de ce reportage sur les athlètes ukrainiens préparant les Jeux olympiques de Paris ?

Susana Girón : Avant de me consacrer à la photographie documentaire, il y a plusieurs années, j’ai fait des études dans le domaine de l’éducation physique et du sport. Et j’ai toujours gardé ce lien avec le sport. J’avais envie de travailler sur la situation en Ukraine, en cherchant un thème peu couvert, et comme les JO de Paris ont lieu cette année, j’ai pensé qu’il y avait une belle histoire à raconter sur la façon dont les athlètes se préparent pour cet événement dans un contexte de guerre.

Comment avez-vous travaillé ?

J’ai commencé à réfléchir à ce sujet à l’automne 2023. Dès le début, mon idée c’était de me rendre en Ukraine. J’ai gardé beaucoup de contacts dans le domaine du sport en Espagne, et j’ai appris par un ami que l’équipe olympique ukrainienne d’aviron s’entraînait de janvier à avril en Catalogne, sur le lac de Banyoles. Cela a donné une autre dimension à mon projet, je ne m’attendais pas à rencontrer des sportifs ukrainiens en Espagne. J’ai eu beaucoup de chance, Alyona Chupryna, la coach de l’équipe ukrainienne d’aviron, a vécu au Mexique et elle parle parfaitement espagnol. Elle m’a invitée à passer du temps avec eux à Banyoles, j’y suis allée une semaine à la fin du mois de janvier.

Ensuite Alyona m’a mise en contact avec le directeur du centre olympique de Kiev, situé dans le quartier de Kontcha-Zaspa. À partir de là, j’ai eu accès à toute la logistique dont j’avais besoin : j’ai pu dormir à l’hôtel sur place, ils m’ont proposé un traducteur. J’y ai passé trois semaines, de fin février à début mars, au milieu des athlètes. J’en ai rencontré des dizaines.

Que représentent les JO pour eux ?

Participer aux Jeux olympiques, c’est à la fois un privilège et une souffrance. Ils peuvent continuer à voyager, à s’entraîner, ils sont exemptés d’aller au front, alors que beaucoup de leurs amis y sont, ou ont été blessés, ou sont morts. Ils ont une motivation supplémentaire, ils sont la vitrine de l’Ukraine.

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