Athènes et Le Caire s'inquiètent d'un accord turco-libyen sur les eaux économiques

Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Déndias a eu dimanche un entretien de plusieurs heures avec son homologue égyptien Sameh Choucri au Caire en vue de lancer une campagne internationale contre la Turquie. Plus précisément contre la signature par Ankara d’un protocole d’accord avec Tripoli de délimitation et de partage des eaux économiques.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Vu par l’Égypte, la Grèce et Chypre - unis par des accords de coopération politique, militaire et surtout gaziers - ce protocole signifie que la Turquie fait comme si ces trois pays n’existaient pas. Les eaux économiques d’un pays sont délimitées en fonction de la longueur du littoral à partir duquel on projette un triangle.

Or, la Turquie se situe au nord-est de la Méditerranée et la Libye en son centre sud. Entre les deux se trouvent la Grèce, Chypre et l’Égypte et les énormes champs gaziers découverts dans leurs eaux économiques.

Si la Turquie et la Libye signent un accord de partage des eaux économiques cela veut dire qu’elles se touchent. « Une atteinte à la logique et à la géographie » selon Athènes.

À plusieurs reprises, la marine turque est intervenue pour empêcher des forages dans les eaux égyptiennes et grecques en prétextant notamment sa possession d’une partie de Chypre. Cela pourrait être un autre sujet de discorde lors du prochain sommet de l’Otan.