AstraZeneca : selon Véran, le risque de thrombose est "50 fois plus élevé" en traversant l'Atlantique en avion

Clarisse Martin
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Le ministre des Solidarités et de la Santé, qui a reçu une première dose du vaccin anglo-suédois en février, a défendu le médicament ce jeudi en conférence de presse gouvernementale.

Opération pédagogie. Face à la méfiance suscitée par le vaccin AstraZeneca en raison de rares cas de caillots sanguins, l'exécutif veut défendre le sérum mis au point par le laboratoire anglo-suédois et l'université d'Oxford. Mardi, lors d'une réunion consacrée à la vaccination à l'Élysée, Emmanuel Macron avait admis des "difficultés pour convaincre sur l'AstraZeneca". L'exécutif envisagerait même une campagne de communication dédiée afin de le promouvoir et de passer "à l'offensive".

Dans cette perspective, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran s'est livré à un exercice de pédagogie ce jeudi en conférence de presse gouvernementale, rappelant qu'il s'agissait d'un médicament "à l'action on ne peut plus classique en matière de vaccination, en cours depuis des décennies dans plein de maladies".

Des effets indésirables passagers "comme la plupart des médicaments"

"C'est un vaccin qui va stimuler votre système immunitaire pour lui apprendre à reconnaître le coronavirus si un jour il devait être en contact avec vous", a poursuivi Olivier Véran, qui a lui-même reçu une première dose du vaccin en février dernier.

"C'est un vaccin qui est très efficace, qui nécessite deux injections, distantes de douze semaines comme d'autres vaccins", et, "comme la plupart des médicaments d'ailleurs, il peut donner ce qu'on appelle des effets indésirables passagers, sans gravité", a poursuivi le ministre, selon lequel "dans moins de 10% des cas, vous pouvez avoir de la fièvre, ça passe avec du paracétamol rapidement et sans complication".

"Dans de très rares cas, il peut provoquer des thromboses, c'est-à-dire la formation de petits caillots qui peuvent aller boucher des veines, boucher la circulation veineuse, et provoquer pour le coup des effets indésirables plus graves, mais ils sont très rares. C'est 5 cas environ pour 1 million de personnes vaccinées", a étayé Olivier Véran.

Près de 50.000 Français ont reçu une dose de ce vaccin jeudi

"Si vous prenez l'avion pour traverser l'Atlantique, vous avez un risque également de faire des thromboses parce que vous allez être moins mobiles et ce risque, si vous traversez l'Atlantique en avion, il est 50 fois plus élevé que si vous vous faites vacciner par AstraZeneca", a comparé le ministre.

Après une brève suspension en mars, le vaccin d'AstraZeneca a reçu un nouvel avis favorable des autorités sanitaires. Il est désormais recommandé aux personnes âgées de plus de 55 ans, moins sujettes aux effets indésirables constatés que le reste de la population. Un choix qui n'a pas été fait par tous les pays, car certains le proposent sans discrimination à tous leurs habitants, a souligné Olivier Véran.

"Je constate que cette mesure de précaution a pu faire augmenter la méfiance. C'est tout le contraire de l'effet recherché", a-t-il admis.

"On parle beaucoup - trop à mon avis - des personnes qui ne veulent pas de ce vaccin, et pas assez des millions de Français qui sont déjà vaccinés en AstraZeneca. Plus de trois quarts des vaccins livrés à la France ont déjà été utilisés et encore aujourd'hui, près de 50.000 Français ont été vaccinés avec AstraZeneca", a conclu l'ancien socialiste.

Article original publié sur BFMTV.com

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