Les associations maliennes de défense des droits humains dénoncent la décoration de Houka-Houka

© RFI/David Baché

Houka-Houka Ag Alhousseiny, l'ancien juge islamique de Tombouctou pendant la période d'occupation de la ville par les jihadistes en 2012, a été décoré par les autorités maliennes le 9 novembre 2022. Sa décoration n'a pas manqué de susciter de vives réactions. Mercredi 16 novembre, trente-sept organisations de la société civile malienne ont diffusé un communiqué pour faire part de leur indignation et exiger que cette distinction lui soit retirée.

Cette décoration « sape les efforts de lutte contre l'impunité » et « constitue un déni des droits des victimes ». Les 37 organisations signataires, toutes maliennes, rappellent que Houka-Houka est toujours poursuivi par la Justice malienne « pour des faits de crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité », « perpétrés pendant la période d’occupation de Tombouctou » en 2012 par Ansar Dine et al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi).

« Il y dirigeait un tribunal islamique qui a ordonné, entre autres : de l'esclavage sexuel, des mariages forcés, des amputations, des lapidations, des flagellations et des arrestations arbitraires. » Les organisations signataires notent que c'est d'ailleurs l'armée malienne qui l'avait arrêté pour toutes ces raisons, en 2014. Houka-Houka avait ensuite été libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers. Depuis, et en dépit des diverses procédures engagées à son encontre au Mali – par des collectifs de victimes, des ONG, et par le ministère public malien –, Houka-Houka continue d'exercer sa fonction de cadi dans la localité de Zoueliya, cercle de Goundam, région de Tombouctou. Sans être inquiété et même, depuis la semaine dernière, en étant décoré.

« De nature à commémorer les bourreaux »


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