Association de financement, nom de parti... Ces indices qui augurent une candidature de Zemmour à la présidentielle

·5 min de lecture
Eric Zemmour - JOEL SAGET © 2019 AFP
Eric Zemmour - JOEL SAGET © 2019 AFP

À moins d'un an de la prochaine élection présidentielle, c'est un sujet qui agite la classe politique. L'éditorialiste de CNews et du Figaro Eric Zemmour pourrait sauter le pas et se lancer dans la course à la magistrature suprême.

Depuis plusieurs semaines, les éléments s'accumulent et tendent à former un faisceau d'indices étayant l'hypothèse d'une candidature du polémiste, condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine, notamment pour de violents propos sur l'islam et l'immigration en 2019 lors de la "convention de la droite" organisée par des proches de Marion Maréchal.

Il est actuellement visé par plusieurs accusations d'agressions sexuelles dans la presse.

• "Peut-être qu'il faut passer à l'action", déclarait Zemmour début juin

Dans un entretien accordé début juin à la chaîne YouTube Livre Noir, qui émanerait, selon Libération, de proches de Marion Maréchal, Eric Zemmour soufflait le chaud et le froid et se rapprochait plus que jamais d'une candidature.

"Je fais de plus en plus de propositions, je pense de plus en plus à comment mettre en application ce que je dis", avait-il déclaré, évoquant ses prises de parole "tous les soirs" sur CNews.

"Je réfléchis à la suite, aux mesures éventuelles qu'on pourrait prendre à partir de mon diagnostic", avait-il également lancé. "Peut-être qu'il faut passer à l'action car la prévision, la prédiction, même la prophétie ne suffit pas", avait-il ajouté.

Des propos qui avaient semé le trouble quant aux intentions réelles de l'éditorialiste, prémisses d'autres éléments.

• Une visite dans le Nord aux faux airs de déplacement de campagne

Hautement symbolique pour la date, Eric Zemmour s'était rendu le 18 juin dernier dans le Nord. D'abord à Malo-les-Bains, où il avait pris position contre l'implantation d'éoliennes, il s'était ensuite rendu à Dunkerque pour rencontrer un boucher puis à Lille, dans la maison natale du général de Gaulle, le jour donc du 81e anniversaire de l'appel du 18-Juin. Un déplacement dûment documenté sur les réseaux sociaux.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

• Des affiches placardées au lendemain des régionales

Dans la nuit du 27 au 28 juin, après le second tour des régionales et départementales, de nombreuses affiches ont été collées en France, à l'effigie du polémiste et proclamant "Zemmour Président". Derrière cette opération se tiendrait l'association "Les Amis d'Eric Zemmour", qui a revendiqué avoir collé des affiches dans 90 départements et plus de 1000 communes.

En parallèle, l'association défend sur son site le voeu de "voir triompher (les) idées (de l'éditorialiste) afin d'être débarrassés de ces dirigeants politiques tellement médiocres depuis des décennies", nourrissant l'"espoir secret commun" de voir leur poulain "se lancer dans la bataille électorale", tout en prenant soin de préciser qu'Eric Zemmour "n'est pas à l'origine de ce projet, pas plus qu'il n'est responsable du contenu de ce site".

"Cette campagne a pour but de donner confiance à Eric Zemmour", affirmait alors sur BFMTV Pierre Meurin, le coordinateur de l'opération de collage.

• "Les amis d'Eric Zemmour" agréée par la commission des comptes de campagne

Qu'il soit candidat ou non, il semblerait que des dispositions formelles aient été prises. Un avis paru au Journal Officiel le 1er juillet a acté la reconnaissance de l'association "Les amis d'Eric Zemmour" comme association de financement de parti politique.

"L'association de financement du parti 'Les amis d'Eric Zemmour', inscrite au registre national des associations (...), dont le siège social est situé: 18, rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris, est agréée en qualité d'association de financement du parti politique 'Les amis d'Eric Zemmour', inscrit au registre national des associations", était-il écrit.

• Albin Michel rompt son contrat d'édition

Mardi 29 juin, au surlendemain des régionales, on apprenait qu'Albin Michel avait décidé de rompre son contrat avec Eric Zemmour, qui avait publié cinq de ses ouvrages chez la maison d'édition de la rue Huyghens.

"Nous avons eu un échange très franc avec Éric Zemmour, qui m'a récemment confirmé son intention de s'engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clé de sa candidature", avait justifié le président de la maison d'édition, Gilles Haéri.

"Éric Zemmour a décidé de changer de statut, il veut devenir un homme politique, engagé dans un combat idéologique personnel qui ne correspond tout simplement pas à la ligne éditoriale d'une grande maison généraliste comme Albin Michel", a-t-il ajouté.

Une discussion qu'Eric Zemmour a nié avoir eu avec l'éditeur.

• "Vox Populi", futur nom de parti?

Ce jeudi, Paris-Match et Valeurs Actuelles se penchent sur Eric Zemmour et ses velléités présidentielles.

Selon l'enquête de Paris-Match, un nom de parti politique aurait été trouvé pour soutenir sa candidature, ce serait Vox Populi, littéralement "la voix du peuple" en latin. Le Parti chrétien-démocrate, fondé par Christine Boutin et présidé par Jean-Frédéric Poisson, devenu en 2020 "VIA, la voie du peuple", pourrait être en appui dans le but de recueillir les 500 parrainages nécessaires pour être officiellement dans la course à l'Élysée.

Une date aurait par ailleurs été trouvée pour la sortie du bois d'Eric Zemmour. Cela pourrait se produire officiellement le 11 novembre prochain, avance Paris-Match.

Le candidat putatif aurait par ailleurs approché au cours d'un déjeuner il y a trois semaines l'imprimeur Gilbert Caron, qui avait entre autres imprimé les tracts de Nicolas Sarkozy en 2007, selon le magazine.

Contacté par BFMTV, ce dernier, dirigeant de Roto Presse Numéris, n'aurait ni confirmé ni infirmé la rencontre, se bornant à indiquer qu'il travaillait pour plusieurs candidats.

• Consultations et notes thématiques

Toujours d'après Paris-Match, Eric Zemmour se mettrait en condition pour être candidat en consultant industriels, mécènes potentiels et en se faisant aussi faire des notes thématiques.

L'ancien PDG d'Elf et de la SNCF Loïk Le Floch-Prigent, qui fut condamné dans le cadre de l'affaire Elf pour abus de biens sociaux, lui rédigerait ainsi des notes en matières économiques et lui dispenserait des cours lors de déjeuners.

Pour l'heure, seul un sondage a testé l'hypothèse d'une candidature d'Eric Zemmour. Selon cette enquête Ifop pour Le Point dévoilée le 16 juin, le polémiste serait crédité de 5,5% des voix, et grignoterait davantage l'électorat de la droite et des Républicains que celui du Rassemblement national.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles