Assistants parlementaires du MoDem : le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire


Cette enquête préliminaire pour “abus de confiance et recel de ce délit” a été confiée à l’office anticorruption de la police judiciaire.

L’affaire s’avère décidément embarrassante pour François Bayrou. Alors que le Garde des Sceaux prépare le projet de loi sur la moralisation de la vie politique, le parquet de Paris a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête préliminaire visant son parti, le MoDem. Cette investigation intervient après le signalement à la justice par un ex-collaborateur du MoDem sur la réalité de son emploi comme assistant parlementaire auprès de l’ancien eurodéputé Jean-Luc Bennahmias.

Cette enquête préliminaire pour “abus de confiance et recel de ce délit” a été confiée à l’office anticorruption de la police judiciaire. Elle va s’attacher à examiner le cas d’autres employés du parti centriste qui auraient également été rémunérés en qualité d’assistants parlementaires d’eurodéputés, après des informations de presse parues sur le sujet.

Soutien de Philippe

Vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe a estimé qu’il “ne cro[yait] pas” que la position de François Bayrou “soit fragilisée”, réaffirmant sur Europe 1 avoir “fixé des règles s’agissant de la participation des ministres au gouvernement”, à savoir qu’une mise en examen d’un ministre conduirait à la démission de celui-ci.

Des faits remontant à 2011

Un ex-collaborateur du MoDem a dénoncé mercredi dans un signalement à la justice la réalité de son emploi comme assistant parlementaire auprès de l’ancien eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. Le MoDem a immédiatement contesté les faits affirmant avoir respecté “toutes les règles”.

“Un courrier de dénonciation accompagné de documents est parvenu mercredi au parquet de Paris”, a indiqué une source judiciaire, sans plus de précisions, confirmant des informations publiées dans Le Parisien et Le Point.

Selon les sites internet de ces journaux, cette dénonciation émane d’un ancien employé du MoDem qui affirme avoir été en partie rémunéré en 2011 sur l’enveloppe parlementaire de l’ex-eurodéputé du Sud-Est, Jean-Luc Bennahmias, alors qu’il avait été recruté en CDI pour travailler au sein du parti centriste.

Selon Le Point. “l’auteur du signalement a assuré à la justice n’avoir “jamais” travaillé pour lui “en particulier”. Basé au siège parisien du MoDem, il dit n’avoir “jamais mis les pieds” dans le circonscription de Jean-Luc Bennahmias ou au Parlement européen, selon Le Parisien.

Un assistant à “temps très partiel”

De son côté, Jean-Luc Bennahmias, qui a quitté le MoDem à l’automne 2013, s’insurge: “il dit qu’il n’a jamais travaillé pour moi ! Il a dû oublier”. Il s’agit selon lui d’un assistant employé à “temps très partiel” entre “fin 2010 et fin 2011”.

“Il répercutait le travail que je faisais au Parlement européen sur le site internet du MoDem” et était en relation avec “mes autres assistants parlementaires à Bruxelles et à Marseille”, explique Jean-Luc Bennhamias.

Témoignant sous couvert d’anonymat, l’ex-salarié dénonce “l’opacité qui entourait, selon lui, la prise en charge des salaires au sein de la formation du centre dirigée par François Bayrou, via le Parlement européen”.

Ainsi, la direction du MoDem lui aurait fait signer un contrat de permanent à temps plein, avant de lui soumettre dans la foulée un avenant de détachement précisant qu’il exercerait des fonctions de collaborateur de Jean-Luc Bennahmias à temps partiel, sans mention faite du nombre d’heures.
Le MoDem a réfuté ces accusations.