Assises de la Marne : le petit Tony broyé entre un beau-père "violent" et une mère "immature"

AL
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Un homme "impulsif" et "violent" face à une femme "immature" et passive. Entourage et experts ont livré un portrait accablant du beau-père et de la mère du petit Tony, mort en 2016.

"Impulsif", "très violent", "manipulateur", "casse-pieds"... Devant la cour d'assises de la Marne ce mercredi, l'entourage de Loïc Vantal a multiplié les critiques envers le principal accusé du meurtre du petit Tony en 2016. L'homme est décrit comme une personne "sans qualités".

"Vantal, c'est pas un homme bien. Il peut tout briser en un seul instant. Quand il boit il est très violent, impulsif. Faut pas lui tenir tête. C'est un monstre", lance une ex-compagne, Tiffanie Hureaux, mère de sa fille.

"Il est manipulateur, violent, méchant (...) Je ne vois pas une seule qualité chez lui", tranche-t-elle. "Mis à part être drôle de temps en temps, je vois pas", renchérit une autre ex-compagne, Naomi Lawson, 25 ans, le décrivant comme un homme "violent" qui "ne sait pas gérer ses émotions".

Dans son souvenir, l'homme - sans diplôme - "consommait beaucoup et régulièrement de l'alcool" et "fumait beaucoup de cannabis". "Il devenait chiant. Il s'emportait facilement".

"Pas de remords"

"Je ne reconnais pas de qualités à mon fils", avait aussi lâché mardi sa mère, Chantal Gomez, ouvrière à la retraite. Tentant quand même d'expliquer:

"Très aimé par ses grands-parents paternels", qui "l'ont élevé" jusqu'à ses 10 ans, "Loïc a changé quand son grand-père est décédé". Et son père, coureur et alcoolique, "le frappait". Elle affirme avoir voulu "l'emmener chez le psy. Mais il n'a jamais voulu".

Selon l'expert psychiatre, "Tony était un gêneur dans sa relation avec" la mère de Tony, Caroline Letoile. "C'était un rival à soumettre comme il soumet les adultes". Après la mort de l'enfant, "il n'y avait pas de véritable remord", mais "il était blessé et froissé de l'atteinte à son image", résume Hugues Collin.

Avec lui, déjà condamné sept fois pour des faits de violence, "c'est toujours la faute des autres!", affirme Laure-Emmanuelle Richard, enquêtrice de personnalité. Selon elle, l'homme considérait ses coups comme "un signe d'autorité" pour un enfant "ingérable". Marie Salmon, ex-intervenante socio-judiciaire à l'association Mars (aide aux victimes et accompagnement des gens condamnés) décrit toutefois un homme "respectueux, ponctuel, poli".

"Grande adolescente immature"

Désormais âgé de 28 ans, Loïc Vantal a reconnu les faits qui ont conduit à la mort de Tony, en novembre 2016, d'un éclatement de la rate et du pancréas. Il avait emménagé trois mois plus tôt chez la mère de Tony. Le couple était sans emploi.

Âgée de 19 ans à l'époque, Caroline Letoile doit répondre de "non-dénonciation de mauvais traitements" et "non-assistance à personne en danger". Elle est décrite comme "une fille fragile", "affectueuse et maternante" par son ex-compagnon Anthony Alvès, le père de Tony.

"Elle s'est déjà fait battre, violer aussi par un membre de sa famille proche (...) Mais cela n'excuse pas tout", déclare-t-il.

Un épisode également évoqué par Marie Salmon, qui précise que Caroline Letoile a été violée par le compagnon de sa soeur en juillet 2015. "Je n'ai pas porté plainte parce que ma mère voulait pas", a expliqué la mère de Tony.

Marie-Mathilde Richard, chargée de l'enquête de personnalité de l'accusée évoque quant à elle un "caractère très effacé", une scolarité chaotique marquée par des absences à répétition et interrompue par sa grossesse précoce. "Peu investie dans la relation avec Tony", elle est "une grande adolescente un peu immature". "C'est quelqu'un qui se laisse vivre. Elle accepte et elle subit."

Article original publié sur BFMTV.com

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