Aux assises, la fragile «légitime défense» d’un policier

Libération.fr

Damien Saboundjian, un gardien de la paix qui a abattu d’une balle dans le dos un suspect en 2012, est jugé en appel cette semaine à Paris.

Aquoi tient l’acquittement d’un homme ? Et la mort d’un autre ? A un fil d’une infinie fragilité, comme l’a formulé le président de la cour d’assises chargé de réexaminer l’affaire Saboundjian, du nom de ce gardien de la paix qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) : «Si je résume, tout est relativement incompatible mais tout est possible…» Malheureux jurés. Il faut dire que le procès en appel qui s’est ouvert lundi à Paris n’a pas permis d’avancer d’un iota. En janvier 2016, le policier de 37 ans, aujourd’hui désarmé et affecté à un standard téléphonique à Grenoble, avait été acquitté en première instance de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner».

Canettes. Un an plus tard, les faits apparaissent toujours aussi nébuleux. En clair, il y a la version intangible de Damien Saboundjian, qui soutient qu’Amine Bentounsi - détenu recherché pour ne pas avoir réintégré sa cellule à la suite d’une permission - «s’est retourné et [l’]a braqué avec un revoler». Le gardien de la paix dit avoir «pris peur, et [a] donc fait feu à quatre reprises avec [son] arme de service en situation de légitime défense». Et puis il y a le reste du monde, qui peine à y croire. Et pour cause, aucun des témoins présents ce jour-là ne corrobore la version de Damien Saboundjian.

Son ex-coéquipier, Ghislain B., a bien tenté de venir à son secours en épousant à la virgule près les déclarations de l’accusé devant l’Inspection générale des services (IGS, la police des polices, devenue depuis l’IGPN), mais la supercherie a fini par être démontée : au moment des tirs, Ghislain B. se trouvait trop loin de la scène, ralenti par une grenade factice larguée dans sa fuite par Bentounsi. Rappelé à la barre par le président, Ghislain B., quadra falot à la voix éteinte, n’a pas (...)

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