"Que met Instagram en place pour protéger de la violence en ligne ?"

·2 min de lecture

Elvire Duvelle-Charles, qui tient le compte Instagram @clitrevolution, fait partie d'un groupe de créatrices de contenus féministes et sexo qui assignent Facebook en justice pour tenter de lever le voile sur ses procédés de modération, après avoir été victimes de censure, de vagues de signalements et de harcèlement. Elle nous explique les raisons de son désintérêt envers le géant californien.

Paris Match. Vous comptez plus de 120 000 abonnés sur votre compte Instagram @clitrevolution, vous avez écrit un livre… et malgré le succès, des campagnes de harcèlement.
Elvire Duvelle-Charles. Oui mais c’est une des principales raisons du harcèlement : plus on est visible, plus on est une cible de ceux qu’on peut appeler «haters» ou trolls. On est harcelées mais pour moi, le problème ne vient pas que du harcèlement : ce sont aussi des raids, des opérations qui réunissent plusieurs personnes, sont régulièrement organisés pour se coordonner et attaquer un compte en même temps. Sur Clit Révolution, cela arrive souvent lors des lives, plein de gens vont insulter mon invitée, ou alors vont lancer une vague de signalements, ce qui provoque une baisse de visibilité du compte puisque signalé comme étant problématique à Instagram.

Avez-vous identifié ces personnes ?
On ne sait pas vraiment qui elles sont mais on a réussi à identifier que ce sont généralement des mecs, plutôt jeunes et plutôt dans la mouvance royaliste. Ce sont des gamins, des enfants qui jusqu’à présent étaient sur Twitter et Twitch, qui ont décidé d’investir Instagram sans doute car ils s’ennuyaient trop là où ils étaient puisque les féministes ont fui ces réseaux. Il n’y a quasiment plus de féministes actives sur Twitter, qui a été boudé car c’était un lieu de harcèlement et de violence en ligne. Instagram était devenu notre réseau social privilégié car, pendant quelques temps, on avait le sentiment de pouvoir s’exprimer sans pouvoir être victimes d’attaques.

Et il semblait y avoir une certaine bienveillance, dont nous avions parlé lors d'une table ronde avec six autres créatrices de contenus, qui avait contribué à l’essor de nombreux comptes féministes(...)


Lire la suite sur Paris Match