Assemblée nationale : ces députés sont les «grandes gueules» de la droite

Nathalie Schuck
Assemblée nationale ( Paris VIe), le 05 décembre 2017 Trois députés des Républicains, Fabien Di Filippo, à droite Thibault Bazin et devant en bas Emilie Bonnivard

Fabien Di Filippo, Aurélien Pradié, Thibault Bazin, Emilie Bonnivard... Ils ne sont qu'une poignée face aux 313 élus macronistes, mais on n'entend qu'eux. Rencontre avec une petite bande turbulente de députés LR.


Quand Julien Denormandie prend le micro lors des questions au gouvernement, il a parfois droit à un tonitruant «Monsieur le secrétaire d'Etat au Parisia- nisme ! Sortez du périph ! » de la part du turbulent député Les Républicains Fabien Di Filippo (Moselle, 31 ans). Pour Christophe Castaner, ex-PS passé chez LREM, c'est le sanguin Aurélien Pradié (Lot, 31 ans) qui s'y colle, d'un sonore : «Ma veste à moi, elle n'est pas réversible !» Quant à Jacques Mézard, ministre des Territoires, Thibault Bazin (Meurthe-et-Moselle, 33 ans) lui crie volontiers son surnom : le Rabot.

Comme ces trois fortes têtes, ils sont une poignée de députés de droite à donner de la voix à l'Assemblée face à l'armée des 313 Marcheurs. Ils ont en commun d'être tous trentenaires, encartés chez LR, issus de la cuvée électorale 2017, d'extraction rurale et populaire. Ce sont, surtout, de grandes gueules. Ainsi Fabien Di Filippo revendique-t-il «une certaine impertinence, car on ne vient pas écouter la bonne parole et dire amen». Autrement dit, plus cash : «Quand on fait de la boxe, avec ou sans gants, la seule manière, c'est de mettre des pains.» «Jupiter !» «mascarade !» «cirage !» «baratin !» hurlent-ils dans l'hémicycle. «Mais pas de noms d'oiseaux. Le mot le plus violent que j'ai crié, c'est clowns», se défend Pradié.

Ils moquent les Marcheurs «caporalisés»

Car ces purs produits de la méritocratie républicaine sont attachés aux institutions. Aussi Pradié s'est-il étranglé en voyant une députée LREM pique-niquer en pleine séance à coups de compotes et biscuits. «Quand je la croise, je l'appelle Pom'Potes», raille-t-il.

C'est peu dire qu'ils détonnent face aux députés de la «start-up nation» (...)

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