Assaut du Capitole: Ce que l'on peut attendre des premières auditions

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Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump avaient pris d'assaut le Capitole, siège du Parlement des États-Unis, pour protester contre la défaite de leur champion à la présidentielle face à Joe Biden. Un événement dramatique qui va donner lieu à des auditions très médiatisées, un an et demi plus tard. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)
Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump avaient pris d'assaut le Capitole, siège du Parlement des États-Unis, pour protester contre la défaite de leur champion à la présidentielle face à Joe Biden. Un événement dramatique qui va donner lieu à des auditions très médiatisées, un an et demi plus tard. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump avaient pris d'assaut le Capitole, siège du Parlement des États-Unis, pour protester contre la défaite de leur champion à la présidentielle face à Joe Biden. Un événement dramatique qui va donner lieu à des auditions très médiatisées, un an et demi plus tard. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)

ÉTATS-UNIS - C’était le 6 janvier 2021. Une date tristement entrée dans l’Histoire américaine au point que la presse outre-Atlantique parle désormais des “audiences du 6 janvier”. Car à partir de ce jeudi 9 juin, soit près d’un an et demi après les faits, débutent les auditions portant sur l’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump, devant une commission parlementaire.

Un déferlement de violence rarement observé dans une démocratie occidentale, qui avait vu des émeutiers chauffés à blanc par les mots du président sortant enfoncer les portes du Parlement, des élus de la Nation obligés de se terrer pendant des heures avant de fuir en catimini par des sorties dérobées et un lourd bilan humain, avec un policier et une militante tués dans des affrontements ainsi que des dizaines de blessés.

Des événements sur lesquels les parlementaires américains vont désormais présenter les conclusions de leur longue enquête, s’appuyant sur des témoins-clés pour tenter -entre autres- de démontrer le rôle joué par Donald Trump dans le chaos du 6 janvier. À commencer par son souhait maintes fois répété de faire annuler l’élection de Joe Biden, qu’il accuse d’avoir truqué le scrutin pour l’emporter, cela sans aucune preuve et alors qu’il a perdu par plus de sept millions de voix à l’échelle nationale.

  • Un show à l’américaine...

Et pour prouver l’ampleur qu’a pris cette affaire, il suffit de jeter un œil au traitement médiatique de la séquence qui s’annonce. À partir de ce 9 juin donc, neuf élus (sept démocrates et deux républicains fermement opposés à Donald Trump) vont chercher à retracer le fil de cette funeste journée et à déterminer l’implication de l’ancien président au cours de débats diffusés en prime time à la télévision nationale.

Ainsi, CNN, MSNBC et toutes les chaînes d’information du pays à l’exception de la très miséricordieuse avec Donald Trump Fox News vont faire des premières auditions, programmées à 20 heures sur la côte Est (2 heures du matin dans la nuit de jeudi à vendredi en France), un véritable événement. Notamment en invitant d’emblée des témoins qui donneront le ton de l’exercice: la première policière du Capitole à avoir été blessée par les émeutiers, Caroline Edwards, et un journaliste britannique, Nick Quested, qui suivait au moment des faits les “Proud Boys”, une milice fasciste, masculiniste et convaincue par le suprémacisme blanc.

Parmi les envahisseurs du Capitole, à Washington D.C., figuraient de nombreux militants violents et convaincus par des thèses d'extrême droite. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)
Parmi les envahisseurs du Capitole, à Washington D.C., figuraient de nombreux militants violents et convaincus par des thèses d'extrême droite. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)

Parmi les envahisseurs du Capitole, à Washington D.C., figuraient de nombreux militants violents et convaincus par des thèses d'extrême droite. (Photo: Brent Stirton / Getty Images)

Et si les suivants ne sont pas encore connus, d’autres protagonistes particulièrement remontés devraient être invités à témoigner. À l’image sûrement de l’ancien juge John Michael Luttig qui a d’ores et déjà montré la voie: “Le récit qu’il va falloir livrer au peuple américain, c’est que notre démocratie est en danger.” Les partisans de Donald Trump sont prévenus.

  • Préparation ou éruption spontanée?

C’est la grande question qui agite l’Amérique depuis 18 mois: l’envahissement du Capitole par des partisans violents de Donald Trump avait-il été préparé de longue date ou est-il survenu subitement du fait d’une minorité exprimant sa fureur par les actes?

À en croire l’élu démocrate du Maryland Jamie Raskin, qui est membre de la commission du Congrès en charge de l’enquête, son travail va prouver que tout avait été soigneusement organisé. Et que Donald Trump, bien loin d’avoir simplement “incité” ses partisans en attisant leur colère, a en réalité été “au centre” de ces préparatifs et donc de la commission des exactions du 6 janvier, comme l’a précisé l’élu au Washington Post. Jamie Raskin va même jusqu’à dire que sans sa majorité au Sénat au moment des faits, Donald Trump aurait été poursuivi et condamné. Ce qu’il compte prouver en retraçant tout le fil des événements, de la préparation donc aux faits et jusqu’aux jours ayant suivi les violences commises au cœur de la démocratie américaine.

“L’idée que tout cela n’était qu’une manifestation furieuse qui a spontanément dégénéré est absurde. On ne renverse pas presque le gouvernement des États-Unis par hasard”, a encore expliqué le démocrate au WaPo. Et d’assurer que sa commission va désormais “raconter l’histoire d’un véritable complot visant à renverser le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2020 et à empêcher la transition du pouvoir vers Joe Biden”.

  • Le rôle des milices d’extrême droite

Et à ce propos, le rôle de certains partisans va faire l’objet de longues discussions durant les auditions: les “Proud Boys”. Au travers du témoignage du documentariste Nick Quested, qui suivait la milice d’extrême droite depuis plusieurs jours au moment de l’assaut du Capitole, la commission veut en effet démontrer que ses membres ont entraîné la foule des manifestants dans la violence.

L'un des enjeux des auditions qui se déroulent en ce mois de juin au Parlement américain sera de déterminer avec précision le déroulé des faits et les possibles incitations à la violence de responsables politiques. (Photo: Spencer Platt / Getty Images)
L'un des enjeux des auditions qui se déroulent en ce mois de juin au Parlement américain sera de déterminer avec précision le déroulé des faits et les possibles incitations à la violence de responsables politiques. (Photo: Spencer Platt / Getty Images)

L'un des enjeux des auditions qui se déroulent en ce mois de juin au Parlement américain sera de déterminer avec précision le déroulé des faits et les possibles incitations à la violence de responsables politiques. (Photo: Spencer Platt / Getty Images)

Des images encore jamais vues par les équipes du journaliste vont notamment être montrées, avec par exemple des militants des “Proud Boys” projetant des barrières sur les forces de l’ordre ou encore l’organisation de la marche depuis le lieu où Donald Trump donnait un discours jusqu’aux marches du Capitole. Une plongée semble-t-il éclairante au sein d’une troupe armée et violente, et convaincue par l’argumentaire de Trump sur la conspiration visant à priver “leur” Amérique du pouvoir au profit de Joe Biden.

Un argumentaire qui fait suite à l’inculpation, plus tôt dans la semaine, d’Enrique Tarrio, l’un des leaders de la milice, et de quatre autres membres, pour “sédition” contre l’État américain du fait de leurs agissements le 6 janvier.

  • Quelles conséquences pour Trump?

Parmi les points de focalisation de l’enquête, le rôle de Donald Trump a donc été central. Les neuf parlementaires ont entendu nombre de ses proches, dont deux de ses enfants, mais aussi étudié des SMS échangés entre des membres de l’entourage immédiat de l’ancien président et des personnalités républicaines, des emails officiels, des menaces rédigées par des partisans haut placés et envoyés à des décisionnaires du pouvoir judiciaire...

Face au déferlement de violence dans les couloirs du Capitole, certains élus avaient craint pour leur vie et avaient dû être évacués dans ce qui avait donné des images surréalistes dans une démocratie occidentale. (Photo: Drew Angerer / Getty Images)
Face au déferlement de violence dans les couloirs du Capitole, certains élus avaient craint pour leur vie et avaient dû être évacués dans ce qui avait donné des images surréalistes dans une démocratie occidentale. (Photo: Drew Angerer / Getty Images)

Face au déferlement de violence dans les couloirs du Capitole, certains élus avaient craint pour leur vie et avaient dû être évacués dans ce qui avait donné des images surréalistes dans une démocratie occidentale. (Photo: Drew Angerer / Getty Images)

Autant d’éléments qui font aujourd’hui dire aux membres du Congrès que le camp de Donald Trump avait échafaudé divers plans visant à faire annuler l’élection de Joe Biden. Et cela via des scénarios allant d’une tentative de saisie des machines électorales (qui permettent le vote par correspondance) jusqu’à l’invasion planifiée du Capitole.

En fonction des conclusions et des témoignages qui seront présentés au public, la séquence pourrait ainsi faire basculer l’opinion publique au sujet des événements du 6 janvier, à l’image des auditions du “Watergate” qui avaient finalement poussé Richard Nixon à la démission. Car si la commission n’a pas le pouvoir d’inculper elle-même des protagonistes de cette journée, elle transmettra tout de même ses preuves à la justice et il y a fort à parier qu’un engouement national pour l’affaire, par exemple à l’encontre de Donald Trump, pourrait engendrer des rebondissements judiciaires. Surtout si les arguments avancés mettent à mal l’idée d’une “chasse aux sorcières” dont parlent depuis des mois les partisans de l’ancien président pour l’exonérer de toute faute.

Pour Jamie Raskin, le membre de la commission évoqué plus haut, les conséquences à moyen terme pour Donald Trump sont ainsi évidentes: les poursuites contre l’ancien président deviendront évidemment nécessaires au vu des preuves qui seront fournies ces prochains jours. “Nous allons tout présenter, et les procureurs devront faire le tri vis-à-vis de chaque individu cité. Mais je fais totalement confiance au ministère de la Justice pour faire son travail.”

À voir également sur le HuffPost: Les images du chaos dans le Capitole à Washington

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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