Assaut du Capitole: un an après, où en sont les poursuites judiciaires?

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  • Donald Trump
    Donald Trump
    Président des États-Unis de 2017 à 2021
Des manifestants lors de l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021 - Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Des manifestants lors de l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021 - Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

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Un an après, l'enquête autour de l'assaut du Capitole se poursuit. Le 6 janvier 2020, quelques semaines après les élections présidentielles américaines, plusieurs centaines de personnes s'étaient regroupées devant le bâtiment abritant le Congrès américain, au moment-même où le collège électoral se réunissait pour définitivement entériner la victoire du démocrate Joe Biden. Ces derniers étaient présents à l'appel de Donald Trump: président sortant et candidat défait du scrutin, il accusait encore et toujours ses adversaires de fraudes électorales, jamais prouvées malgré enquête.

Très vite, les événements se sont envenimés. Les pro-Trump présents sur place sont parvenus à pénétrer par la force dans le bâtiment fédéral où des dizaines d'élus présents n'ont eu d'autres choix que de se cacher des assaillants, dont la plupart se montraient menaçants et violents. Plusieurs dizaines sont même parvenus à prendre d'assaut la Chambre des représentants et à s'introduire dans l'hémicycle.

Cinq personnes sont mortes au cours des affrontements, dont un policier en charge de la sécurité du Capitole ainsi que quatre manifestants.

700 personnes poursuivies

Grâce aux vidéos prises lors des événements et aux images de vidéosurveillance, plusieurs interpellations ont lieu dès le 8 janvier, soit deux jours après les faits. Au total, plus de 700 personnes sont poursuivies, la plupart pour des délits mineurs, tels que l'entrée non-autorisée au sein du Capitole. Mais plusieurs dizaines sont également visées par des poursuites plus lourdes, accusées notamment d'agression, d'usage d'arme létale et d'association de malfaiteurs.

Les accusés sont surtout des hommes (87%), blancs et d'une moyenne d'âge de 39 ans, "plus élevée que l'âge habituel des extrémistes", souligne auprès de l'AFP Lorenzo Vidino directeur du "Programme sur l'Extrémisme" de l'Université George Washington, qui compile toutes les poursuites engagées.

Ils sont originaires de tout le pays et ont des profils socio-économiques variés (avocat, paysagiste, agente immobilière...) avec toutefois une surreprésentation des individus ayant une expérience militaire et ayant fait faillite. Parmi eux, il y a des militants d'extrême droite, des conspirationnistes mais aussi des partisans ordinaires de Donald Trump, convaincus par sa croisade post-électorale.

Plusieurs condamnations à la prison

Au total, une vingtaine de personnes est actuellement emprisonnée. En juillet dernier, Paul Hodgkins a été le premier condamné à de la prison, rappelle France 24. Interpellé le 16 janvier après avoir été dénoncé, il a été identifié portant un drapeau à l'effigie du Donald Trump dans l'enceinte du Capitole. Toutefois, l'accusation a reconnu que l'homme n'avait pas personnellement participé ou encouragé des violences. Il a tout de même écopé d'une peine de huit mois de prison ferme pour avoir interrompu la certification des résultats de l'élection présidentielle.

La justice américaine a été bien moins clémente en ce qui concerne Robert Scott Palmer. Le jour de l'assaut, l'Américain de 54 ans a été vu en train de jeter des planches, un extincteur ainsi que d'autres objets en direction des policiers présents sur place. Il n'était toutefois pas parvenu à entrer dans le Capitole. Condamné à cinq années d'emprisonnement en décembre dernier, il est celui qui a reçu la peine la plus lourde jusqu'ici.

Jacob Chansley a lui écopé en novembre dernier de 41 mois d'emprisonnement. Également surnommé le "chaman", il est devenu une figure de l'assaut, identifiable pour son accoutrement composé de peaux de bêtes et d'une coiffe ornée de cornes. Il avait plaidé coupable d'entrave à une procédure officielle.

Qui est responsable?

Au-delà des participants, la justice américaine souhaite également identifier et punir les instigateurs de l'assaut. En février dernier, Donald Trump a été acquitté par le Sénat américain dans le cadre de son deuxième procès de destitution, cette fois-ci pour "incitation à l'insurrection". 57 sénateurs ont voté pour un verdict de culpabilité et 43 contre - la majorité des deux-tiers nécessaire à une condamnation n'a donc pas été atteinte.

Malgré tout, la pression monte dans son entourage puisque des élus américains ont recommandé fin décembre des poursuites pénales contre son ancien chef de cabinet, Mark Meadows. Une commission parlementaire, mise sur pied pour comprendre le rôle précis de l'ex-président et de ses proches dans les événements, a voté à l'unanimité en faveur de poursuites visant l'ancien "chief of staff" de Donald Trump.

L'homme de 62 ans a fourni des milliers de pages de documents officiels, courriels et SMS aux enquêteurs, mais refuse toujours de témoigner auprès de cette commission. Mark Meadows risque des poursuites, au motif qu'il tente, par son silence, "d'entraver une enquête du Congrès".

"Les SMS et les e-mails de Mark Meadows révèlent sa profonde implication dans la préparation de l'attaque du 6 janvier", a estimé lundi soir l'élu Jamie Raskin. 876450610001_6220862588001

Il n'est pas le seul dans ce cas. Le sulfureux Steve Bannon, un des artisans de la victoire de Trump en 2016, qui a lui aussi snobé en octobre la commission d'enquête, a déjà été inculpé le 12 novembre pour le même motif d'entrave. Au moment des faits, ce dernier faisait partie de la cellule de crise dirigée par des proches de Trump depuis un hôtel de Washington.

Au moins 2000 personnes impliquées?

C'est une course contre-la-montre qui est entamée pour les élus démocrates en charge de l'enquête. En effet, une victoire des républicains aux prochaines élections de mi-mandat, qui signifierait la reprise totale du Congrès par le camp de Donald Trump, serait synonyme de dissolution de cette commission et de fin de l'enquête.

Symbole de ce ralentissement assumé, fin décembre, Donald Trump a en personne demandé à la Cour suprême, tenue par les républicains, bloquer le transfert de documents à la commission parlementaire. Cette "commission spéciale" de la Chambre des représentants a réagi en demandant à la Cour suprême d'accélérer l'examen de la requête de Donald Trump, arguant selon la presse américaine qu'un retard "causerait un grave préjudice" à la commission ainsi qu'au public américain.

Tous ces efforts ont permis, en un an, d'inculper plus de 725 partisans de Donald Trump. Chaque jour ou presque, de nouveaux noms s'ajoutent à la liste qui pourrait encore doubler: la police fédérale évoquait initialement 800 participants mais pense désormais qu'au moins 2000 personnes ont été "impliquées dans le siège".

L'administration Biden, par la voix du ministre de la Justice Merrick Garland, a promis ce mercredi "de faire rendre des comptes devant la justice à tous les assaillants du 6 janvier, quel que soit leur statut, qu'ils aient été présents ce jour-là ou qu'ils soient responsables pénalement pour l'attaque contre notre démocratie".

Article original publié sur BFMTV.com

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