Assassinat de Samuel Paty : sept personnes, dont deux mineurs, présentées à un juge antiterroriste

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Sept personnes, dont deux mineurs, ont été déférées, mercredi, en vue de l'ouverture d'une information judiciaire dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty. Parmi elles, le parent d'élève qui avait appelé à la mobilisation après le cours sur la liberté d'expression dispensé par le professeur.

L'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty progresse. Sept personnes, dont deux mineurs, ont été déférées, mercredi 21 octobre, pour être présentées à un juge antiterroriste, en vue de l'ouverture d'une information judiciaire et d'éventuelles mises en examen après l'assassinat du professeur Samuel Paty, a appris l'AFP de source judiciaire et Reuters, auprès du Parquet national antiterroriste.

Parmi elles figure Brahim C., le parent d'élève qui a lancé la mobilisation contre le professeur après deux cours sur la liberté d'expression dispensés par Samuel Paty, les 5 et 6 octobre, dans son collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

Les enquêteurs antiterroristes, qui recherchent d'éventuelles complicités, s'intéressent notamment à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, un réfugié d'origine tchétchène de 18 ans.

Le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui face au juge

Le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avait accompagné ce parent d'élève dans sa mobilisation, sera également présenté à un juge mercredi.

Également déférés, deux mineurs sont soupçonnés d'avoir reçu de l'argent de l'assaillant en échange de renseignements sur la victime.

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Une source proche du dossier avait expliqué à l'AFP que l'enseignant décapité avait été "désigné" à l'assaillant "par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération".

Enfin, trois amis de l'assaillant, qui s'étaient livrés spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, doivent eux aussi être présentés à un juge.

Selon une source proche du dossier, l'un d'entre eux est soupçonné d'avoir convoyé l'assaillant, tandis qu'un autre est suspecté de l'avoir accompagné lors de l'achat d'une arme qui a servi lors de son attentat.

Neuf autres personnes relâchées

Trois mineurs qui faisaient partie des seize personnes placées en garde à vue ont été relâchés, a par ailleurs indiqué un porte-parole du parquet national antiterroriste. Plus tôt dans la soirée, les gardes à vue de six personnes avaient été levées.

Parmi ces neuf personnes mises en garde à vue figurent trois collégiens, les parents, le grand-père et le petit frère du meurtrier présumé, mais aussi la compagne d'Abdelhakim Sefrioui ainsi qu'un homme déjà condamné pour terrorisme et qui a été en contact avec l'assaillant.

Vendredi vers 17 heures, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d'être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là.

Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

Une conférence de presse sera tenue ce mercredi à 14h30 par le procureur antiterroriste François Ricard.

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