Assassinat de Samuel Paty: de multiples hommages au procès des attentats de janvier 2015

Hugo Septier
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Richard Malka le 19 octobre 2020 - BFMTV
Richard Malka le 19 octobre 2020 - BFMTV

Trois jours après l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty, l'émotion est toujours grande en France. Un hommage a été rendu au professeur ce lundi au Tribunal judiciaire de Paris, où reprenait le procès des attentats de janvier 2015. "Encore une fois, ce sont des caricatures de Charlie Hebdo" qui sont en cause, mais "ce ne sont pas ceux qui les ont dessinées qui sont morts mais ceux qui les ont montrées", a martelé l'avocat de l'hebdomadaire satirique, Me Richard Malka.

"Ils s’en sont pris à tous les piliers que la IIIe République nous a légués, la liberté d’expression, la loi de 1881, les lois sur l’école de Jules Ferry, la loi sur la laïcité, ils s’en prennent à tout le monde, des juifs, des musulmans, des chrétiens... Ils, ce sont les fanatiques islamistes, ils sont les ennemis des millions de musulmans de ce pays", a détaillé l'homme de loi.

Dans la suite de son allocution, l'avocat a également dénoncé l'inaction des pouvoirs publics, mais également le comportement de ceux qui, selon lui, auraient permis l'avancée de l'islamisme radical dans le pays.

"Ils ne l’ont pas fait seuls, ils n’ont pu prospérer que grâce à cette arme de destruction massive de notre République que sont les accusations d’islamophobie constantes, de la victimisation constante, de la rhétorique de l’humiliation, comme l’a fait ce père de famille dont la fille n’était même pas dans le cours", a-t-il ajouté.

"Soyons unis"

En préambule de l'audience, le président de la cour a également eu un mot en la mémoire de l'enseignant. "Au moment où la cour d'assises reprend le débat sur les attentats, la cour tient à exprimer son émotion. (...) La cour ne peut que se joindre aux nombreux hommages pour cet enseignant Samuel Paty", a exprimé ce dernier.

Outre Richard Malka, deux autres avocats ont pris la parole ce lundi. C'est le cas de Me Samia Maktouf, avocate de parties civiles, qui a expliqué que "plus que jamais nous avons envie de nous inscrire en tant qu’avocat, peu importe notre place dans ce procès, dans les fondements de notre République et notre démocratie, à savoir la liberté d’expression et de pensée".

"Quand un professeur est lâchement et odieusement décapité parce qu'il enseignait la liberté d'expression, nous sommes tous concernés", a estimé pour sa part l'un des avocats de la défense, Me Jean Chevais. "Soyons unis le temps d'une minute pour Samuel Paty", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com