Assassinat au niqab: perpétuité confirmée en appel pour les deux principaux accusés

Assassinat au niqab: perpétuité confirmée en appel pour les deux principaux accusés
La FNSEA, principal syndicat agricole français, est jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir, selon l'accusation, illégalement ponctionné des agriculteurs pour financer ses activités. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mah - -
La FNSEA, principal syndicat agricole français, est jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir, selon l'accusation, illégalement ponctionné des agriculteurs pour financer ses activités. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mah - -

La peine de réclusion à perpétuité de Walid Derqaoui et Abdelkader Ramdani, pour un meurtre à la kalachnikov lors d'une fusillade à Toulouse dont un tireur s'était dissimulé sous un niqab, a été confirmée en appel ce vendredi par la cour d'assises du Tarn. La condamnation de Walid Derqaoui a même été aggravée, la cour l'ayant assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, suivant en cela les réquisitions de l'avocat général. Il en a été de même pour Abdelkader Ramdani, dont elle a ainsi confirmé la peine prononcée en première instance par la cour d'assises de Haute-Garonne en 2021.

Les deux accusés étaient jugés pour le meurtre de Djamel Tahrin, âgé de 27 ans, dans le quartier de la Reynerie à Toulouse, le 3 juillet 2017. Vêtus de tenues musulmanes traditionnelles et poussant un landau, plusieurs tireurs avaient ouvert le feu avec des armes automatiques cachées dans une poussette, tuant ce jeune connu pour trafic de drogue. La fusillade avait également fait une dizaine de blessés.

Trois autres hommes, accusés d'avoir hébergé les tueurs, leur avoir fourni des armes ou un soutien logistique, ont vu leurs peines légèrement réduites ou confirmées, entre 12 ans pour Yacine Frikass, 15 ans pour Kamel Bettouati et 22 ans pour Jamel Bettouati. En première instance, les deux premiers avaient été condamnés à 15 ans et le dernier à 25 ans de réclusion.

Pourvoi en cassation

Après l'énoncé ce vendredi de ce procès en appel ouvert le 19 septembre, Me Pierre Dunac, avocat de Yacine Frikass, a estimé que si la condamnation "est à la baisse, elle n'est pas satisfaisante" car "ce garçon nie toute implication". Il a annoncé un pourvoi en cassation "par nécessité" pour son client, estimant qu'il en sera de même pour "notamment ceux qui ont été condamnés aux peines les plus lourdes".

Me Nicolas Raynaud de Lage, avocat de l'une des familles partie civile, a pour sa part estimé que "le verdict est satisfaisant". Il s'est félicité de "voir acter définitivement que tous (...) à des niveaux divers, mais totalement meurtriers, sont participatifs dans cette association de malfaiteurs".

L'enquête de la police judiciaire avait établi que Djamel Tahrin était tenu pour responsable de l'assassinat de l'un des frères de Walid Derqaoui, et relié le règlement de comptes à des rivalités entre deux groupes de trafiquants de drogue des quartiers Bagatelle et La Reynerie. En 2021, l'avocat général de la cour d'assises de Haute- Garonne, David Sénat, avait qualifié Walid Derqaoui de "commanditaire tueur et bénéficiaire de l'exécution", considérant Abdelkader Ramdani comme "son prestataire de services, son tueur à gages".

Article original publié sur BFMTV.com