Assad nommé dans une enquête sur les armes chimiques en Syrie

Les noms de Bachar al Assad et de son frère cadet Maher apparaissent pour la première fois dans un rapport international sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces gouvernementales dans la guerre civile en Syrie, selon un document consulté par Reuters mais non rendu public. /Photo prise le 9 janvier2017/SANA/via REUTERS (Reuters)

par Anthony Deutsch (Reuters) - Les noms de Bachar al Assad et de son frère cadet Maher apparaissent pour la première fois dans un rapport international sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces gouvernementales dans la guerre civile en Syrie, selon un document consulté par Reuters mais non rendu public. Jusqu'à présent, l'enquête menée conjointement par les Nations unies et par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'avait permis d'identifier que des unités de l'armée syrienne sans pouvoir fournir l'identité d'officiers de haut rang ou de dirigeants. Une nouvelle liste de 15 noms aurait été établie par la mission d'enquête, dirigée par un groupe de trois experts indépendants. Elle désigne nommément Bachar al Assad, son frère Maher ainsi que d'autres responsables du régime syrien comme étant liés à une série d'attaques à l'aide de bombes au chlore en 2014-2015, indique une source informée. Le rapport estime que le recours aux armes chimiques a été décidé au plus haut sommet du régime syrien, précise cette source s'exprimant sous le sceau de l'anonymat en raison du caractère sensible du sujet. Virginia Gamba, qui dirigeait l'enquête de l'Onu et de l'OIAC connue sous le nom de Mécanisme commun d'investigation, a démenti qu'une liste de personnalités suspectes avait été établie par l'équipe de techniciens et de fonctionnaires impliqués. "Il n'y a pas d'identification d'individus envisagée pour l'instant", a précise Virginia Gamba dans un courrier électronique adressé à Reuters. La mission a pourtant été mandatée par l'Onu pour procéder à de telles identifications de personnes et d'organisations impliquées dans l'usage d'armes chimiques en Syrie, ce qui peut constituer un crime de guerre. La liste pourrait servir de base au travail de la mission d'enquête cette année, précise la même source, sans pouvoir dire si elle va être publiée, soit par l'Onu, soit par l'OIAC. Elle est divisée en trois parties. La première, baptisée "cercle des proches du président", compte six noms dont celui de Bachar al Assad, de son frère qui dirige la 4e division armée d'élite, du ministre de la défense et du chef du renseignement militaire. La deuxième partie mentionne le chef de l'armée de l'air et quatre chefs de divisions dont l'enquête avait préalablement établi qu'elles avaient procédé à des largages de barils de chlore. La troisième partie vise "d'autres hauts responsables militaires" : deux colonels et deux généraux. Pour Hamish de Bretton-Gordon, spécialiste indépendant sur le contrôle des armes chimiques et bactériologiques en Syrie, cette liste reflète la chaîne du commandement militaire en Syrie. (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)