En Asie du Sud-Est, les symptômes du coronavirus et de la dengue se confondent

Presque la planète entière en est désormais convaincue : tester les personnes présentant des symptômes est un protocole crucial pour endiguer la pandémie de coronavirus. Mais dans les zones tropicales, en Asie du Sud-Est notamment, une difficulté supplémentaire est apparue.

Avec notre correspondante régionaleGabrielle Maréchaux

De la fièvre, une fatigue inhabituelle, une possible toux : la dengue et le Covid-19 partageaient déjà bon nombre de symptômes, mais leur ressemblance ne s’arrête pas là. « Le virus de la dengue et du Covid-19 sont difficiles à distinguer, car ils partagent des caractéristiques cliniques que l’on retrouve également en laboratoire. Et la thrombopénie, une anomalie du sang, est présente dans les deux maladies », explique Dicky Budiman, un épidémiologiste indonésien et consultant stratégique du ministère de la Santé.

À ce jour, deux patients singapouriens testés positifs à la dengue se sont finalement révélés porteurs du Covid-19, et un homme en Thaïlande est décédé du coronavirus après avoir été diagnostiqué comme souffrant de la dengue.

Les risques d'un mauvais dianostique 

Pour le docteur Budiman, mal diagnostiquer, c’est aussi risquer de propager l’épidémie : « En temps normal, les patients qui ont la dengue ne vont pas toujours à l’hôpital et rentrent vite chez eux, donc ça pourrait être aussi une conséquence si l’on ne pose pas rapidement le bon diagnostic. »

Tester les personnes avec des symptômes ne semble pas toujours suffire. Afin de ne pas se tromper de diagnostic, un suivi constant et des radios sont recommandés, mais avec seulement douze lits d’hôpital pour 100 000 habitants, l’Indonésie, par exemple, n’en a pas toujours les moyens.

Si Bali a un nombre étonnamment bas de cas de coronavirus, l’île indonésienne a diagnostiqué 2100 personnes de la dengue, relève Dicky Budiman.