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Asia Argento: "La seule victoire, c’est qu’Harvey Weinstein soit en prison"

Pour elle, ça n’a jamais été la dolce vita. En 2018, l’actrice et réalisatrice était l’une des premières à monter au front pour dénoncer Harvey Weinstein. Loin de l’ériger au rang d’icône, son combat a fait d’elle une cible. Aujourd’hui, celle que l’Italie a surnommée la « Dark Lady» prend la plume.

Paris Match. Harvey Weinstein est le fil conducteur de votre livre. Après vous avoir violée deux fois, il débarque à votre anniversaire et vient sans invitation à vos avant-premières… Pourquoi vous a-t-il suivie pendant toutes ces années ?
Asia Argento. J’ai pensé qu’il était amoureux de moi, mais non. Il est juste malade. C’est un serial prédateur. C’est son mode opératoire. Il veut dominer la victime, lui voler quelque chose de précieux et d’intime. Il a besoin de se sentir puissant. D’ailleurs, on le dit moins, mais il était tout aussi horrible avec les réalisateurs. Il était omniprésent, refaisait le montage des films, volait la créativité des autres. Les gens en avaient peur. C’est un ogre, comme ceux des contes de fées.

Au Festival de Cannes 2018, quand vous montez sur scène pour prononcer un discours contre lui, vous écrivez que les femmes vous foudroient du regard…
Sur le moment, je me suis demandé pourquoi je faisais ça. Je suis trop instinctive. Il était en liberté, j’avais l’impression que le fait que toutes ces femmes aient parlé n’avait servi à rien. Après mon petit discours, je suis devenue l’indésirable. Je l’étais déjà, mais ça a empiré. Malheureusement, il n’y a pas vraiment de complicité féminine dans le métier. Trop de jalousies…

L’Italie ne vous a pas fait de cadeau quand vous avez dénoncé Weinstein. Avez-vous regretté d’avoir parlé ?
Oui et non. Quand je faisais la une tous les jours, ce n’était pas facile. À la télé, ils tenaient une tribune avec, d’un côté, ceux qui étaient pour moi et, de l’autre, ceux qui étaient contre. C’était surréaliste. Mais je sais que ça a aidé des femmes, donc je ne le regrette pas. Sans le coup de fil de Ronan Farrow, le journaliste du “New Yorker” qui enquêtait sur(...)


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