Ashleigh Moolman-Pasio, reine du E-cyclisme et star sur route

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Ashleigh Moolman-Pasio a remporté le premier Championnat du monde de cyclisme sur route virtuel (Zwift UCI Cycling Esports World Championships), le 9 décembre. Une victoire qui vient redorer une saison 2020 difficile pour la Sud-Africaine, référence du vélo féminin. Une multiple championne d’Afrique qui espère être à son meilleur niveau en 2021 et briller ainsi aux Jeux de Tokyo.

Le 9 décembre 2020, Ashleigh Moolman-Pasio est entrée dans l’histoire du cyclisme, la veille de son 35e anniversaire. Sûrement pas pour une saison sur route très perturbée par le Covid-19. Mais grâce à un titre inédit de championne du monde Esport dont elle se dit « très fière ».

La Sud-Africaine a en effet fini première du Zwift UCI Cycling Esports World Championship. Une nouvelle compétition organisée via le monde virtuel Watopia, grâce à l’application spécialisée Zwift. Deux outils qui permettent, avec un vélo d’intérieur relié à un écran, de reproduire les difficultés d’une course sur route face à d’autres adversaires eux aussi connectés à distance.

Du E-cyclisme de plus en plus apprécié et auquel la native de Pretoria a fini à son tour par adhérer. « Au début, je n’étais pas une grande fan du fait de s’entraîner en intérieur ou de disputer des courses dans un monde virtuel. Mais le temps passant, j’ai commencé à voir les possibilités de ces entraînements, notamment leurs aspects communautaires et sociaux. J’ai donc commencé à être plus ouverte à cette discipline, raconte l’intéressée à RFI. J’ai commencé à m’entraîner et à faire des courses seulement à partir de mars dernier, suite au confinement en Espagne où je vis. Le confinement, ici, a été très strict. Nous n’étions plus autorisés à nous entraîner à l’extérieur. Alors, j’ai commencé à le faire en intérieur ».

Des mois difficiles en Espagne

Entre mars et l’été, Ashleigh Moolman-Pasio a surtout tenté de rester en forme et de passer le temps, en attendant la reprise du circuit élite professionnel (UCI Women’s World tour). Elle et sa famille gèrent un bed and breakfast près de Gérone, dans une belle demeure typique de la campagne catalane. Ils proposent en outre des circuits à vélo à travers les pittoresques paysages de la région. Deux activités, toutefois, là aussi, sérieusement ralenties par le nouveau coronavirus. « Nous espérons qu’avec les progrès liés aux vaccins, les choses pourront revenir à la normale afin d’accueillir à nouveau des visiteurs étrangers », glisse-t-elle.

Ashleigh Moolman-Pasio espère aussi retrouver son meilleur niveau sur les routes. Pour la première fois depuis 2016, cette référence du cyclisme au féminin n’a pas fini parmi les 20 meilleures mondiales au classement UCI. Un résultat qui s’explique aisément par sa mésaventure du 31 juillet dernier, juste avant son retour à la compétition. « La veille du début des Strade Bianche, alors qu’on effectuait avec mon équipe une reconnaissance d’un secteur avec des graviers, […] j’ai fait une très vilaine chute, raconte-t-elle. J’ai ensuite eu des complications et il m’a fallu du temps avant de me rétablir totalement. Malheureusement, cette blessure a perturbé le reste de ma saison. Je n’ai jamais réussi à revenir au meilleur de ma forme ».

Mais la néo-championne du monde ne se lamente surtout pas. « Je suis assez fière de la manière dont j’ai mené ma barque durant cette saison étrange, lance-t-elle. C’est vraiment agréable de finir 2020 sur un succès parce que ça m’aide à terminer cette année avec une énergie positive et à débuter 2021 avec une motivation renouvelée ».

De grands défis en 2021

Durant les prochains mois, de grands défis attendent Ashleigh Moolman-Pasio. Elle quitte notamment l’équipe CCC Liv basée aux Pays-Bas pour Team SD Worx, toujours en Hollande, avec laquelle elle s’est engagée deux saisons et dont elle loue la manière « agressive » de rouler. « On va avoir une équipe très forte la saison prochaine avec beaucoup de très bonnes coureuses, assure-t-elle. J’y aurai un rôle de co-leader similaire à celui que j’occupais par le passé. Notamment avec Anna van der Breggen, championne du monde ».

Les prochains Championnats du monde sur route (réelles), toujours prévus pour le moment en septembre en Belgique, sont évidemment au programme de la Sud-Africaine. Mais, d’ici là, il y aura bien d’autres étapes. « J’attends toujours avec autant de motivation les classiques de printemps, en particulier celles dans les Ardennes [une région qui s’étend sur différents pays, dont la Belgique et la France, Ndlr]. Pour moi, la Flèche Wallonne est une course très importante, durant laquelle j’ai souvent fini dans le top 10 ».

Et bien sûr, il y aura les Jeux de Tokyo, qui pourraient être les troisièmes de suite d’Ashleigh Moolman-Pasio, après Londres 2012 et Rio 2016.

Continuer à promouvoir le cyclisme féminin

Ces deux saisons à venir chez Team SD Worx pourraient par ailleurs être les dernières de la Sud-Africaine chez les pros. Ensuite, la multiple championne d’Afrique ne se voit pas travailler en tant qu’ingénieur chimiste, domaine dans lequel elle est diplômée de l’Université de Stellenbosch.

« Nous avons notre affaire Rocacorba Cycling, explique-t-elle. J’espère m’y impliquer de plus en plus. J’aimerais aussi m’impliquer davantage encore dans la mise en avant du cyclisme féminin. J’aime la stratégie et notamment la stratégie en matière de business. Je souhaiterais avancer dans cette direction une fois que j’aurais pris ma retraite », conclut-elle.