Asco 2020 : des avancées considérables dans la lutte contre le cancer

Asco 2020 : des avancées considérables dans la lutte contre le cancer

À l’occasion du congrès international de cancérologie, l’Institut Curie dévoile certaines avancées dans la lutte contre les cancers du sein, gynécologiques et pédiatriques.

Comme chaque année, le plus grand congrès américain consacré au cancer se tiendra à la fin du mois de mai. Pandémie de coronavirus oblige, pas question pour les 40 000 participants de se retrouver physiquement lors de cet important congrès scientifique. Cette année, du 29 mai au 2 juin, les spécialistes du monde entier restent chez eux, derrière leurs ordinateurs, puisqu’il s’agit d’un colloque virtuel organisé par l’American Society of Clinical Oncology. Des résultats phares sont présentés en avant-première par les médecins-chercheurs de l’Institut Curie concernant la lutte contre les cancers du sein, pédiatriques et gynécologiques.

Concernant les cancers du sein, les chercheurs s’intéressent à la stratégie Mammaprint. En France, le cancer du sein est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier chez la femme. 58 459 nouveaux cas ont été découverts en France métropolitaine en 2018. “Cette signature moléculaire basée sur l’étude d’une combinaison de 70 gènes, permet en effet d’identifier les patientes atteintes de cancer du sein pour lesquelles une chimiothérapie est inutile”, précise le communiqué de l’Institut Curie. Cette avancée permet donc d’adapter le traitement. Lors de ce congrès mondial, le Pr François-Clément Bidard, oncologue médical présente les résultats de la vaste étude appelée PADA-1. “Menée sur plus de 1 000 patientes dans 83 centres hospitaliers en France, elle montre que la détection, à partir d’une simple prise de sang, de mutations du gène ESR1 est synonyme de l’apparition plus rapide d’une résistance aux traitements chez les femmes traitées par l’actuelle combinaison de référence de médicaments associant une anti-aromatase et un inhibiteur du cycle cellulaire”, détaille l’Institut Curie.

Avancée pour un cancer pédiatrique

À propos du cancer du col de l’utérus, une étude pilotée par le Pr Fabrice Lécuru, chirurgien en gynécologie à l’Institut Curie met en avant l’intérêt de préférer la biopsie du ganglion sentinelle au curage. En effet, cette technique offrirait la même survie et moins d’effets pour les patientes atteintes d’un cancer du col de l’utérus. En France, le cancer du col de l’utérus est le 12ème cancer féminin le plus fréquent. En 2015, 2 797 nouveaux cas ont été découverts.

Cette année, le prestigieux congrès américain devrait également dévoiler une nouvelle stratégie thérapeutique concernant le cancer cérébral pédiatrique. “Le Dr Isabelle Aerts, pédiatre à l’Institut Curie, est co-auteure des résultats d’une vaste étude internationale qui démontre l’efficacité clinique et la bonne tolérance d’une nouvelle combinaison de traitements contre le gliome de bas grade, la plus fréquente des tumeurs du cerveau chez l’enfant”, résume l’Institut Curie. En France, les tumeurs du système nerveux central sont les tumeurs solides de l'enfant les plus fréquentes. Elles touchent plus de 3 000 enfants par an en Europe et environ 500 par an en France comme le rapporte Gustave Roussy.