Arthur Chevallier – Le passé de la France est promis à un grand avenir

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Vue de la galerie des Batailles au château de Versailles.
Vue de la galerie des Batailles au château de Versailles.

Les souvenirs sont les conditions de la décadence. Pour en éprouver l?impression, il faut avoir le sentiment de la vieillesse. Voilà pourquoi des pays jeunes, comme les États-Unis, considèrent leurs échecs comme des erreurs dans leur juste marche, et non comme les symboles du déclin de leur puissance. En France et en Europe de l?Ouest, le temps des regrets paraît terminé. La nostalgie a cédé la place à une colère revancharde. Sont incriminés les élites, les politiciens, la finance, les journalistes, les immigrés. Comment ne pas percevoir l?évidence, à savoir une haine de soi détournée sur des objets indistincts ? Et si le passé redevenait, en France, le motif de la poésie au lieu d?être celui de l?amertume ?

La France adore se souvenir ; et elle n?a besoin d?aucun drame pour se prêter à cet exercice. Même aux époques les plus révolutionnaires, elle ne peut s?empêcher d?évoquer un âge d?or. Ainsi oublie-t-on que la Révolution française, pour prometteuse qu?elle fût, a été le théâtre de discours où on ne cessait de faire référence à un idéal antique et humaniste qu?il s?agissait de retrouver, et non d?inventer. D?ailleurs, que fut le XIXe siècle si ce n?est une gigantesque fouille archéologique à la recherche d?un juste passé ? Napoléon essaye de rassembler Rome, saint Louis et la République ; Louis XVIII est obsédé par la réconciliation entre l?Ancien Régime et la Révolution ; Louis-Philippe érige Versailles en musée à la mémoire de toutes les France, la gal [...] Lire la suite

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