Arthur Chevallier – Napoléon : le débat, oui, l’hystérisation, non !

Par Arthur Chevallier*
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Le monument à l'honneur de Napoléon à Ajaccio.
Le monument à l'honneur de Napoléon à Ajaccio.

Napoléon stimule les fantasmes des partisans du moindre effort. À son propos, l'offuscation tient lieu de raisonnement sans que même soit nécessaire de justifier la nature d'un tel mouvement de l'esprit. Napoléon est à l'Histoire et à la politique ce que sont les kermesses d'école au spectacle : l'opportunité pour les amateurs de se distinguer dans une matière où ils sont convaincus d'avoir été incompris par les professionnels. Alors qu'on réclame sans cesse aux historiens du Consulat et de l'Empire de justifier l'intérêt pour leur objet, qu'on les somme de s'expliquer sur les bêtises commises par Napoléon, comme s'ils en avaient été les auteurs, on écoute avec intérêt l'avis des farceurs et des rhéteurs, pourvu qu'ils en disent du mal. Le bicentenaire de la mort de Napoléon est l'occasion de tous les cabotinages, ce qui serait comique si cela n'en ressortait, d'un point de vue intellectuel, un aspect tragique.

Depuis une semaine, des femmes et hommes politiques de gauche, comme de droite d'ailleurs, réprouvent les commémorations relatives au Consulat et au Premier Empire en employant des mots dont ils connaissent visiblement la sonorité tout en en ignorant le sens : « fossoyeur de la République », « tyran », « génocidaire » ; et pourquoi pas pédophile ? Ce vocabulaire de sans-culottes sert mieux la cause des militants que celle des historiens. À quoi bon écrire des livres ? Napoléon n'en manque pas ? où la moindre décision administrative, politique, milita [...] Lire la suite