Arthur Chevallier – Moins radical que moi, tu meurs

Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure.
Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure.

La modération ne l'emporte pas sur la radicalité. Dans une entité constituée, les forcenés étouffent les raisonnables. Ils ont la force, c'est-à-dire la violence, mais aussi l'apparence de la vertu : la pureté. Les partis politiques naissent, prospèrent, triomphent en s'appuyant sur leurs militants les plus engagés, souvent les plus travailleurs, et ces derniers exigent toujours plus de proximité avec leur idéal. L'union des gauches à l'œuvre est la démonstration nette et presque scolaire de cette loi. Jean-Luc Mélenchon a, depuis plus de dix ans, tiré les conclusions de l'histoire. Si ses concurrents avaient été plus cultivés, ils auraient su qu'ils n'avaient aucune chance.

La radicalité n'a rien à voir avec la folie, la méchanceté ou la brutalité. En politique, elle signifie : être au plus près des principes. Par exemple, un parti centriste peut être radicalisé en refusant de proposer des réformes marquées à gauche ou à droite. Jean-Luc Mélenchon est qualifié d'extrémiste par des cadres du Parti socialiste, ils oublient que François Mitterrand n'avait pas une stratégie différente. Dans son excellente biographie du premier président socialiste de la Ve République, Éric Roussel montrait comment Mitterrand s'était obstiné, dans les années 1970, dans une des voies les plus à gauche de l'échiquier. Même s'il n'était pas communiste, c'est le moins qu'on puisse dire, il a multiplié les concessions à leur endroit, convaincu de ce qu'ils étaient une force motrice [...] Lire la suite

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