Arthur Chevallier – Le goût de la France pour la guerre

Par Arthur Chevallier*
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Emmanuel Macron en septembre 2020.
Emmanuel Macron en septembre 2020.

La guerre n'est pas une matière à option de l'exercice du pouvoir. Ignorez-la, elle se dresse. Dans la tribune « Guerre et terrorisme : sortir du déni », publiée par L'Obs le 14 novembre, des artistes et des intellectuels prennent la défense de Judith Bernard. En cause : lors d'une émission de télévision, la dramaturge évoque les guerres (récentes) de la France au Proche-Orient pour expliquer la multiplication des attentats. L'indignation fut générale : comment oser comparer une guerre en uniforme à des décapitations d'enseignants ?

En réalité, le sujet n'est pas le terrorisme, mais le militarisme. Les signataires réclament de la France qu'elle admette un lien de causalité entre ses interventions extérieures et les actes terroristes, s'indignent de ce qu'une opération armée est un fait du prince, que ni les citoyens ni les assemblées ne peuvent contester, commenter ou arrêter. L'opportunité de ce texte après les attentats du mois de novembre est contestable. Cela étant, les questions posées ne sont pas ineptes. Même si elles s'adressent moins au président de la République qu'à l'histoire de France elle-même, à l'identité d'un pays où le militarisme se confond depuis des siècles avec la légitimité de son prince.

On peut avoir le sens de l?État et refuser la guerre ; mais peut-on régner et refuser la guerre ?

Le bellicisme n'est ni de droite ni de gauche, mais de France. Jean-Pierre Chevènement lui-même démissionna de ses fonctions de ministre de la Défense qua [...] Lire la suite