Arthur Chevallier – La démocratie participative, ce populisme chic

Par Arthur Chevallier*
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La campagne de vaccination semble patiner en France.
La campagne de vaccination semble patiner en France.

La démocratie n'est pas la mise en scène de la faiblesse. De même n'est-elle pas la promotion de l'amateurisme. La création d'un comité de trente-cinq citoyens tirés au sort censés suivre les vaccinations contre le Covid 19 a suscité les moqueries. Ce qui devait être un gage de transparence se transforme en aveu d'échec. S'il est moins courageux que facétieux de critiquer la gestion de la crise, la chose est moins aisée qu'elle n'y paraît, il est indispensable de dénoncer la compensation malsaine de l'inefficacité par le populisme. L'horizontalisation du pouvoir est une illusion ; et la démocratie ne s'est pas rendue célèbre en confiant des affaires complexes à des amateurs, mais en remportant des triomphes.

Sans s'en rendre compte, le progressisme cède à un stéréotype de la réaction. Depuis le XIXe siècle, l'idéologie, qu'on pourrait qualifier de contre-révolutionnaire, moque la démocratie en la qualifiant de force « féminine », l'affublant de surnoms ridicules, la fameuse « gueuse », bref, emploie insultes et sobriquets pour démontrer son incapacité à rendre un État puissant et harmonieux. L'histoire démontre le contraire. La démocratie est, en fait et bien souvent, une radicalisation de la politique. Dans l'Antiquité, Athènes est à l'apogée de son règne, et de son impérialisme, au Ve siècle avant J.-C., soit l'époque où sa démocratie connut sa forme la plus sophistiquée. Pour assurer leur hégémonie sur le monde grec, Cimon puis Périclès constituèrent une [...] Lire la suite