Arthur Chevallier – La crise du Covid reflète le déclin français

Par Arthur Chevallier
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Une chose est certaine : nous ne sommes plus qui nous pensions être.
Une chose est certaine : nous ne sommes plus qui nous pensions être.

L'ironie précède la destruction. L'annonce d'un nouveau confinement par le gouvernement s'est accompagnée d'imprécisions : liste des commerces autorisés à ouvrir ; forme de l'attestation de sortie ; contradictions dans les termes. Après une année de pandémie, si les Français semblent faire preuve de discipline à l'égard des risques sanitaires, la méthode du gouvernement, elle, est l'objet de moqueries. Parfois cruelles, parfois injustes. La France se remettrait sans mal des railleries dont ses ministres sont l'objet ; survivra-t-elle au discrédit de son administration, de son domaine public, de son gouvernement, bref de son État ? Depuis quinze ans, le sarcasme (dans le meilleur des cas), la violence (dans les pires) dont est l'objet la République sont le révélateur d'un cynisme dont des civilisations ont déjà été victimes, et qui ont depuis disparu.

Le temps n'est pas seul révélateur de l'effondrement de ce que l'on croyait éternel. Des écrivains ont remarqué, de leur vivant, les bouleversements à l'?uvre d'une génération à l'autre. Léon Tolstoï, dont les convictions furent tantôt libérales, tantôt conservatrices, géniales en tout cas, a dépeint dans ses livres la difficulté pour des pères de se retrouver dans le regard de leur fils, et pour des fils, de comprendre qui était leur père. Au début d'une nouvelle de génie (laquelle ne l'est pas ?), « Deux Hussards », il décrit la différence entre les jeunes Russes du début du XIXe siècle et ses contemporains [...] Lire la suite