Arthur Chevallier – De la chute de la démocratie en Amérique

Par Arthur Chevallier*
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Partisans de Donald Trump dans le Capitole, le saint des saints de la démocratie américaine. 
Partisans de Donald Trump dans le Capitole, le saint des saints de la démocratie américaine.

La civilisation aura été, en Amérique, un État d'exception. L'invasion du Capitole souhaitée, encouragée puis condamnée par Donald Trump ; la deuxième procédure d'impeachment réclamée par le Parti démocrate à dix jours de la passation de pouvoirs ; les leçons de vertu dispensées par Arnold Schwarzenegger : l'embarras, le ridicule et la sottise recouvrent le prestige des États-Unis d'un voile de vulgarité auquel rien n'échappe. L'ampleur du phénomène ne serait rien sans sa prestesse. Tout s'est passé comme si, en moins d'un mois et demi, une des démocraties les plus sophistiquées du monde n'était plus capable de réveiller en elle que des monstres débilitants. Il n'y a plus ni mal ni bien, ni passé ni avenir, ni souvenir ni rêve. Ce pays où le mouvement a soumis l'espace semble, pour la première fois, pris dans un abîme destructeur parce que statique. Non, l'Amérique n'aime pas la lenteur. Elle adore se débarrasser de ce qu'elle a adoré, vite, sans regret, démontrant que sa force vient de ce qu'elle renouvelle le renouvellement à une vitesse incomparable.

Voilà pourquoi les démocrates répètent que les envahisseurs du Capitole voulaient commettre un coup d'État. C'est une façon de se rassurer. Qualifier le « désordre » revient, par opposition, à prouver qu'un ordre règne, ou doit régner. Or ces fripouilles ne voulaient certainement pas le pouvoir ? du reste comment l'auraient-ils obtenu ? ?, ils souhaitaient détruire. Dépenser leur rage dans un acte gratuit, i [...] Lire la suite