Arthur Chevallier – Éloge de la Bretagne (unie)

Par Arthur Chevallier
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Drapeau de la Bretagne.
Drapeau de la Bretagne.

Une des fonctions de l'histoire est de contenir les ambitions du présent. Malgré elle ; malgré lui. Quant au passé, une fois décrété révolu par une révolution, il disparaît aux yeux des hommes, un temps, puis réapparaît de façon plus ou moins franche, se manifeste à l'occasion d'événements apparemment anodins. Ainsi en est-il de la Bretagne qui, même française depuis le XVIe siècle, fait preuve d'un esprit d'indépendance à la fois spontané et facétieux. Dimanche 17, des élus de la région ont réclamé, dans une lettre adressée au président de la République, le rattachement de la Loire-Atlantique en rappelant que les sondages relatifs à cette question étaient favorables, ce qui ne serait rien si la culture et l'histoire ne l'y portaient.

La Bretagne a parfois l'air de demander des privilèges auxquels aucune région n'a droit ; on lui pardonne parce qu'elle les obtient. En général grâce à elle-même, ou plutôt grâce à ses Bretons, car c'est une forme de son génie de se donner pour représentants des hommes de talent, d'influence ou de pouvoir, souvent les trois. Comme le montre la fantastique Histoire de la Bretagne et des Bretons** de Joël Cornette, cette habileté n'est pas un miracle, mais la conséquence d'une histoire, et d'une place, unique dans le processus de création du royaume. Au terme de la « Guerre folle » (1485-1488), coalition de seigneurs alliés au duc d'Orléans (futur Louis XII) contre la régente du royaume, le duc de Bretagne François II est vaincu [...] Lire la suite