Arthur Chevallier – Écoutez la colère grandir…

Par Arthur Chevallier*
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Emmanuel Macron lors de son allocution du 28 octobre.
Emmanuel Macron lors de son allocution du 28 octobre.

Personne ne crie plus « vive le roi ». C'est une différence avec le premier confinement, où Emmanuel Macron avait, au fil des semaines et constatant les mécontentements et dysfonctionnements, corrigé les erreurs de ses ministres. Il soignait, pendant de longues allocutions, sa relation avec les citoyens, se montrait bienveillant, compréhensif (« j'entends les plaintes », « oui, il y a eu des erreurs »), enveloppant même, quand ses préposés et son conseil scientifique montraient de l'arrogance dans la cacophonie. Ce temps est révolu.

Désormais, le moindre renoncement apparaîtrait comme une faiblesse dans laquelle le désir de liberté s'engouffrerait. Au nom de la martialité et de l'autorité perdues, des ministres donnent des leçons de morale malvenues. Ainsi d'Élisabeth Borne et de Bruno Le Maire, qui dénoncent les « maires irresponsables » prenant des arrêtés pour ouvrir les commerces de proximité, osant les opposer aux Français en leur demandant de prendre exemple sur le « sang-froid » des citoyens. La désobéissance, même symbolique, des pouvoirs locaux est le révélateur d'une rupture inquiétante, qui en dit peut-être plus sur la crédibilité du gouvernement que sur l'insolence des maires.

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